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09/01/2005

London - 2005/01/09 @ 18h00

Retour en UK pour une semaine active et bien remplie. Se remettre au travail fait un bien fou ;) Evidemment, étant donné que je fais l’aller retour Londres Cambridge chaque jour, j’ai un peu (beaucoup) moins de temps libres. J’espère juste que ça va s’équilibrer un peu mieux cette semaine, mais pour l’instant, c’est ce site qui en pâtie un peu. Ce n’est que temporaire…. Mes problèmes ne sont bien sur rien comparé à ceux que doivent affronter les survivants du tsunami. Quand je lis le chiffre de 150 000 morts, je ne peux pas m’empêcher de le multiplier par deux pour inclure ceux qui vont mourir de maladie, de famine, ou de désespoir. En Angleterre comme en France, la mobilisation a été sans commune mesure, des millions d’Euro et de Livres Sterling ont été levé, parfois de façon très originale, comme cette compétition Halo2 au cinéma VUE à Leicester Square hier après midi. Toutes ses contributions sont sans doute insuffisantes, mais on ne pourrait faire moins. Pourtant, sans nier l’échelle de cette catastrophe, il est parfois difficile de comprendre cette brusque mobilisation alors que partout dans le monde, des milliers de personnes meurent par jour de guerres, famines, maladies… Qu’est ce que le business de la compassion finalement ?... Mais ce n’est pas encore l’heure des comptes. Donnez si vous le pouvez….

 

Bon, évidemment, le focus industrielle du moment, c’est (encore) EA. Le rachat de 20% d’Ubisoft continue de défrayer la chronique. Yves Guillemot considère bien sur l’opération comme étant hostile, et mobilise ses forces pour résister. Pour comprendre le problème, il faut savoir que près de 45% des actions d’Ubisoft sont diluées auprès de petits porteurs potentiellement susceptibles d’est tentés par une offre alléchante par EA. En achetant d’office 20% à John de Mol (le créateur de Big Brother), EA se met en mesure d’opérer une OPA active quasi immédiate. Mais cette semaine a vu une nouvelle échelle de frénésie autour de cette opération. Le gouvernement français a officiellement pris position contre ce rachat. Infogramme est même rentré dans la danse, ce qui tient du surréalisme étant donne qu’Atari n’est pas dans une position d’aider qui que ce soit ! Même Vivendi, soit disant adoubé par Rafarrin, aurait proposé une fusion avec Ubisoft. Cette rumeur, fermement nié par Vivendi, signerait la fin de la division Vivendi Games, étant donné les mauvaises performances de cette dernière. Pour résumer, ce feuilleton économico médiatique tient plus de Dallas que d’autre chose.

 

Mais il faut voir la chose sous un autre jour. Dans cette affaire, Ubi a tout à gagner. La société a en effet été adoubé comme étant l’un des fleurons de l’économie française, au coté de Vivendi, Alsthom, Dassault et autre AirBus. L’action a vu son cours s’envoler, et en tentant de racheter l’éditeur, EA a officiellement désigné Ubisoft comme étant leur concurrent le plus sérieux. Plutôt flatteur donc…

 

 

Alors, quel avenir pour EA ? Le géant posséderait jusqu'à 2.5 billions de dollars en fond directement utilisable pour les rachats et les acquisitions. D’autres compagnies vont forcement suivre. Par ailleurs, EA nie avoir chercher à acheter les droits de la NBA. Quoi qu’il en soit, je pense que 2005 sera indéniablement l’année EA. Avec ou sans Ubi… Un autre point clef est l’intrusion gouvernementale dans cette industrie. Pour incongru qu’elle puisse paraître, elle ne fait que reconnaître l’importance économique de cette industrie pour la nation, en faisant écho aux mesures déjà en œuvre en Angleterre ou plus récemment, en Louisiane par exemple.

 

Complètement à l’opposé du spectre, pendant que Ubi est sous le feu des projecteurs, un autre éditeur français vient de disparaître silencieusement, et sans faire de vagues. Il y a maintenant plus de 10 ans, Titus était aux cotes d’Infogrammes et d’Ubisoft en terme de productions et de reconnaissances. Il quitte la scène aujourd’hui presque sans mériter plus qu’un entrefilet. Triste…

 

De son coté, le combat Sony/Microsoft occupe l’autre pan de la scène médiatique. Tandis que Cameron Ferroni prétend que la XBOX a dominé le marche US à Noël, la XBOX2 continue à alimenter les spéculations. Pour autant, Microsoft ne s’est pas lancé dans de grandes explications au dernier CES, si ce n’est Bill Gates qui y voit la plate forme media de demain. Ca devient presque lassant…

 

D’ici a la sortie des nouvelles plateformes, le secteur qui explose, c’est le jeu mobile. Servant d’ introduction au jeu à de nouvelles couches de la population, les jeux mobiles fournissent aussi une véritable base d’expérimentation sociale pour de nouveaux gameplay. De même, que l’on considère les MMOG du point de vue de la création d’une nation, ou que l’on crée des jeux où l’amour est la clef principale, il y a une réelle explosion créative des games designs, et je crois que de nouveaux jeux vont finir par émerger.

 

Et en la matière, les jeux alternatifs et indépendants vont montrer la voix. La BBC rend ainsi hommage aux jeux politiques, tandis que les jeux urbains comme ConQWest connaissent un succès certains aux Etats Unis. Même les machinimas font leurs apparitions au fameux festival de Sundance, dédié au cinéma indépendant.

 

Je ne suis pas le seul à faire des prédictions. Le Guardian en a fait 9 pour cette année. Il y en a des faciles – EA continuant son shopping – et d’autres un peu moins. Celles qui ont retenu mon attention sont la croissance du marche des jeux indépendants, l’évolution des jeux en outils sociaux voir sexuelles, ou encore l’évolution des jeux en shopping center. Ce dernier point me semble particulièrement approprié pour illustrer IGE. IGE est une sorte de plateforme d’échanges, de ventes et de cotations de propriétés virtuelles dans la majorité des jeux en ligne. Conçu comme une plateforme boursière, les outils économiques externes des MMORPG sont en train de fonder un nouveau pan commercial. Toujours ces frontières qui continuent de se brouiller entre le jeu, et la réalité. Une autre prédiction que j’aimerai ajouter, la fin des heures supplémentaires non payées ? ;)

 

Les serious games aussi ont le vent en poupe, en particulier les applications éducatives et formatrices. Des chirurgiens aux traders, pour apprendre à lire en classe ou une langue étrangère avec les Sims, ce marché est en train de connaître un véritable explosion. Les jeux sont reconnues comme étant un magnifique outils pédagogique, ce qui en dit long sur notre esprit et la façon dont nous appréhendons de nouveaux problèmes. Vous pouvez même apprendre à contrôler votre stress à l’aide de jeux biométriques comme Wild Divine. Je ne sais pas si ça marche, mais on fait difficilement plus original comme cadeau de Noël…

 

En la matière évidemment, l’armée mène la danse depuis plusieurs décennies. Le jeu est un outil de tous les jours pour les soldats américains, aussi bien pour se détendre que pour se former. La guerre en Irak justifie certainement l’intérêt des medias américains pour ces faits qui ne sont pourtant pas nouveaux.

 

Pour finir, cet article publié à la GDC Australienne sur la physique dans les jeux en ligne a retenu mon attention, ainsi que cette interview de Tom Miller au sujet du Managed DirectX. Mais la bourde du jour, c’est le Sun qui l’a faite. En accusant Disney d’avoir mis le mot Fuck dans le jeu Monster Inc sur GBA, le journaliste aurait sans doute mieux fait de vérifier que la cartouche était originale. Evidemment, il s’agissait d’une cartouche flashée avec une copie pirate, qui commençait par l’introduction du groupe de pirate. Encore une fois, les tabloïds anglais aiment bien taper sur les jeux, encore une fois sans raison…

 

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18:00 Publié dans Nexus | Lien permanent | Commentaires (0)

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