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16/01/2005

London - 2005/01/16 @ 17h00

Ce qui passionne l’Angleterre en ce moment, ce n’est pas les suites du Tsunami ou de la guerre en Irak. Même Desperate Housewives ne fait pas autant parler. Non, ce qui passionne l’Angleterre, c’est le fait que le prince Harry est allé à une soirée en tenue de soldats allemand nazi. Forcement, ça n’était pas la choser la plus intelligente qu’il pouvait faire. C’est déjà dur d’être adolescent, mais être un prince ne simplifie rien. Plus intéressant fut cette question pose a de nombreux chercheurs de part le monde : « En quoi croyez-vous que vous ne pouvez pas prouver ? ». Les réponses sont fascinantes et d’un enrichissement incroyable ! La réponse de Tor Nørretranders par exemple, qui pense qu’avoir la foi donne un avantage cognitif crucial, quelque soit l’objet de votre foi d’ailleurs. Ou celle de Donald Hoffman, qui pense que le monde physique n’est qu’une interface, une représentation d’un univers dans lequel seule la conscience aurait une existence concrète. Ou encore Alison Gopnik qui pense que les bébés sont en fait bien plus conscients de leur environnement que nous ne le sommes nous même tout simplement parce que le fonctionnement de notre conscience nous isole fondamentalement du monde perceptif et sensible. Je pourrai continuer comme ça pendant des heures, tant ces commentaires sont passionnants !

 

Les effets de Noël étant passé, l’état de grâce commence à se dissoudre. Si EA rachetant Ubisoft est en soi suffisamment important pour mériter l’attention de la plupart des medias traditionnels comme le New York Times, ce n’est pourtant rien comparé à la potentielle entrée de NewsCorp dans l’industrie. L’annonce de cette possibilité a littéralement enflammé les commentateurs. Il faut dire que NewsCorp, c’est Ruppert Murdoch, l’homme derrière la dernière élection de Tony Blair et le support inconditionnel au gouvernement ultra conservateur américain, les réseaux Fox, CNN et Sky. C’est des dizaines de journaux partout dans le monde, comme le Sun par exemple. C’est un personnage qui pense être l’un des maîtres du monde et qui a le mauvais goût de le clamer haut et fort. Bref, NewsCorp, ce serait l’équivalent de l’entrée du loup dans la bergerie. EA à coté, c’est un exemple de vertu.

 

Pourtant, cette arrivée ne serait pas forcement dramatique. L’industrie est désespérément en mal d’extension, avec des sociétés comme Eidos ouvertement à vendre. Et l’exemple de Vivendi, qui malgré le fait de faire partie des géants médiatique aux cotés d ’AOL Times Warner ou de NewsCorp est obligé d’annoncer 90 licenciements dans sa division jeu en France, permet de relativiser l’impact de Murdoch sur l’industrie. Néanmoins, il convient d’être prudent. La politique agressive d’EA, comme l’achat de l’exclusivité AFL juste après celle avec la NFL, peut mettre des sociétés comme Take Two au dos du mur, et ne fait que faciliter l’entrée de nouveaux investisseurs, potentiellement encore plus agressif qu’EA…

 

Toutefois, tout ces rachats et autres OPA ne parviennent pas à distraire l’industrie qui continue de se polariser sur la question des nouvelles plateformes. Il faut dire que la transition vers la PS2 à finalement tuée tellement de studio que l’angoisse est justifié. Beaucoup de sociétés qui dominait le marche sur PSX ou N64 (de Eidos à Argonaut, de Rare à Naughty Dog ) n’ont pas su profiter financièrement ou technologiquement du marché de la PS2 et de la XBox. Alors toutes les informations sont cruciales. Financièrement, il y a un consensus pour penser que le prix des jeux à la vente va augmenter pour amortir les investissements. Techniquement, le CELL et la PS3 vont officiellement être détaillé à la GDC.

 

Mais le plus important, et probablement l’un des points sur lesquelles tout les regards se tourne aujourd’hui, c’est l’évolution des games designs. La liberté technique permet de lever énormément de limitations sur le design, et bien exploiter ces nouveaux potentiels va être crucial pour se démarquer d’un marché qui s’annonce d’avance encore plus difficile que sur les plateformes courantes. Par exemple, pourquoi ne pas tacher de se débarrasser des stéréotypes féminins ?

 

Le Media Lab Europe, fameux spin off du MIT à Dublin, a fermé ses portes fautes de financement. Je trouve triste que cette initiative ait échoué, soulignant par la même la très grande différence entre le fonctionnement de la recherche Européenne et Américaine. Pourtant, il y a des choses qui changent. Copenhague a le vent en poupe, puisque de nombreux poste en doctorat sont à pourvoir en… jeux vidéo ainsi qu’en jeux éducatifs !

 

Le dernier White Paper de l’IGDA sur les mondes persistants vient d’être publié. Ce document est une vraie mine d’or sur ce marché en pleine maturation et qui a vraiment peu à voir avec le business des jeux traditionnels. Il n’y a qu’à lire les prédictions de TerraNova pour s’en convaincre. Quoi, un litige pour des propriétés virtuelles va aboutir en court de justice ? Une compagnie qui n’a rien à voir avec le jeu va utiliser un MMOG pour vendre ses produits ? Une émission de télé réalité basée sur un de ces jeux ? Clairement, on est loin des considérations du marché console !

 

Une autre tendance, c’est les développeurs qui vont continuer à prendre de plus en plus la parole. Havok étant aujourd’hui un outil reconnu, il n’est pas surprenant de tomber sur une interview de Steve Collins, directeur du développement a Havok. De même, Carmack a laissé tomber les fichiers .plan pour passer à l’écriture d’un blog. J’ai hâte de lire ses prochains commentaires sur les dernières cartes graphiques ou sa fusée ;)

 

Au moins, Carmack communique mieux que l’Armée Américaine. Ces derniers commencent à être lassés des tricheurs et autres mauvais joueurs à America’s Army, colère bien légitime ceci dit. Mais de la à menacer de lancer le FBI à leur trousse sous prétexte que les serveurs du jeu appartiennent à l’armée démontre les limites de leur démarche. America’s Army n’est pas un jeu. Malgré toute les apparences, le moteur d’Unreal, la gratuité du produit, America’s Army n’a rien d’un jeu, il s’agit d’un outils de recrutement. Dans quelle mesure l’armée trompe les joueurs reste à démontrer. Et à l’heure où l’armée déguise ses productions en jeux, qu’en est il de ces jeux qui tachent de prendre corps dans le monde réel ? Ces jeux immersifs aux frontières flous sont le sujet de ce livre dont voici quelques chapitres. Et dans quel mesure le jeu devient un media quand autant de productions aux objectifs et calendriers si différents – quel rapport entre America’s Army et un Farklempt! ? - s’expriment à l’aide de cet outil ?

 

Ces frontières qui se brouillent vont finir par poser de sérieux problèmes éthiques, surtout quand on a déjà des gens qui confondent Katamari Damacy avec le monde réel ! Dieu merci, tous les conducteurs ne sont pas des joueurs, mais on ne m’avait encore jamais faite celle là ! Plus sérieusement, dans un monde où l’héroïsme a disparu, où la majorité des gens rêvent surtout de rentrer chez eux à temps pour dîner, les différentes industries du divertissement supportent de plus en plus le poids de cet espace inique, et l’impact d’un film, ou d’un jeu, a le pouvoir de transformer la culture. Et la culture, c’est le miroir par lequel nous voyons et comprenons le monde…

 

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17:00 Publié dans Nexus | Lien permanent | Commentaires (0)

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