Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

20/01/2005

Cambridge - 2005/01/20 @ 13h30

Wired est traditionnellement un magazine essentiellement américain. Avec une tendance au futurisme pur et dur et une croyance naïve dans les mécanismes libéraux, Wired est pourtant une bonne ressource sur ce qui se fait dans le monde des nouvelles technologies et leurs utilisations par le public (américain, encore une fois). Cet héritage est la cause de ma surprise quand je suis tombé sur cet article à propos des effets des nouvelles technologies de communications sur les pèlerins de la Mecque. Même si l’article est intéressant, et à ce titre trop court, le contexte était trop surprenant pour ne pas s’y arrêter deux minutes. L’intérêt pour le sujet s’explique pourtant rapidement : la relation entre ces technologies et le monde musulman obsède les Etats-Unis. Pour comprendre pourquoi, il convient de réaliser combien ces technologies (du téléphone portable à Internet) sont chargées de symbolique Américaine, au point de presque se confondre avec le pays d’origine de ces outils. Il n’est pas difficile de réaliser que le corpus visuel tout comme les champs lexicaux de ces technologies sont presque exclusivement basé sur la culture américaine. Le mythe américain, c’est le progrès technique et scientifique, avec la profonde conviction que tout progrès est bon. A ce titre, l’utilisation que font certaines organisations terroristes et/ou la moindre acceptation de ces technologies dans le monde musulman semble incompréhensible. Ou effrayant, dans la mesure où ces rejets minent la conviction principale de la culture occidentale, celle qu’à terme il s’agit de la meilleure organisation sociale au monde. D’où l’intérêt croissant des américains au sujet du développement d’Internet ou de la téléphonie mobile dans le monde, par conviction que l’adoption de ces outils signifie l’adoption à plus ou moins long terme aux valeurs occidentales. Est-ce un pari tenable ? Est-ce que la téléphonie ou Internet sont des chevaux de Troie plus efficace que toutes les armées d’occupations ?

 

Décidemment, EA a décidé que 2005 seraient son année, envers et contre tout. La perspective d’un contrôle global se profile pourtant à l’horizon. Non content de minimiser leur entrée dans l’actionnariat d’Ubisoft façon « Mais non. Nous ce qui nous intéresse, c’est l’humain. Ayez confiance… », le mogul du jeu a profité de la confusion pour planter le couteau dans le dos de Take-Two. Reprenons l’histoire depuis le début. EA contrôle le marché du jeu de foot américain depuis des années. Mais cette saison, Take Two a lancé une offensive commerciale sur ce segment à l’aide de jeux labellisées ESPN et vendus à prix cassé (30 Euros environ). EA, voyant sont monopole menacé, a commencé par acheter les droits de la NHL pour 5 ans. Qu’a cela ne tienne, Take-Two essaie de signer avec une autre organisation, l’AFL. Mais EA souffle aussi ce contrat. Take-Two avait encore à ce point le support d’ESPN, la fameuse chaîne sportive US. Seulement hier, EA a annoncé l’exclusivité des droits d’ESPN pour… 15 ans !!! 15 ANS !!! De mémoire de joueur, je n’ai pas souvenir d’avoir jamais vu offensive aussi agressive dans l’industrie. Take Two est à présent dans une situation intenable, ayant perdu la marque principale de ses jeux de sports après avoir bataillé pour à peine commencer à rogner les parts de marchées d’EA.

 

Tout pourrait s’arrêter là si EA n’étais pas aussi en train d’investir les autres industries du divertissement. Apres l’annonce de la création de son label musicale, la télévision est la prochaine cible de l’éditeur. Et quoi de mieux que les Sims pour préparer une émission de télé réalité ? Simple, au lieu de contrôler la vie des fameux avatars électroniques, pourquoi ne pas contrôler la vie de vraies personnes ? Et Keith Stuart du Guardian de prédire l’apparition d’EA TV. Avec au programme l’équivalent des feux de l’amour (Coronation Street) façon Sims et l’inévitable match FIFA du jour. A l’heure où Gerhard Florin déclare à la BBC que l’objectif d’EA est de concurrencer Disney, on est peut être pas loin de la vérité. Ceci dit, Pixar va encore rire à pleine dent. Quand on déclare que les productions next gen vont être à même de concurrencer les Nemo, Incredibles et autres Toy Story point de vu rendus, c’est faire preuve encore une fois d’un aplomb – ou d’une ignorance – patenté.

 

J’avais promis de revenir un jour sur Argonaut et ce qui s’est passé après la disparition du groupe. L’heure n’est sans doute pas encore venue. Mais il est néanmoins intéressant de noter l’apparition de RockSteady Games, studio fondé par SCI pour finir Roll Call, le dernier jeu sur lequel j’ai travaillé pendant un an. Même si l’équipe de RSG est bel et bien composée d’ex d’Argonaut, seul 4 de ses membres ont vraiment travaillé sur Roll Call. Le lead programmer, l’architecte, le programmeur graphique, le programmeur physique (moi), les programmeurs IA et tools, aucune de ces personnes ne fait parti de RSG. Est-ce que SCI était au courant au moment de signer le contrat? Nul ne le saura jamais ;) Mais je leur souhaite tout le bohneur du monde. On va avoir besoin de nouveaux studios pour balancer les disparitions de nombreux groupes.

 

Le MIT organise une compétition de programmation de jeux vidéo, à destination uniquement de ses étudiants, mais dont les résultats et les modalités sont accessibles au public. Et devinez qui fait partie des sponsors ? Et oui, EA (Non, je ne fait pas une fixation !). Ailleurs, Cultural Gutter a publié une réflexion intéressante sur Half Life et la verisimilitude (Je sais, j'en avais déja parlé avant, c'est juste une piqure de rappel). De même, GameDevBlog a publié coup sur coup une critique du livre « Theory Of fun », et une réflexion sur les points de sauvegarde et le sens qu’ils ont encore aujourd’hui…

 

Pour finir, je n’ai pas pu résister à l’irrésistible pose sexy de… Bill Gates ! Et oui, pour devenir maître du monde, il faut savoir faire des sacrifices ;) Ah, et puis aussi ce fabuleux tatouage Zelda qui a du prendre pas mal de temps et de talent pour le réaliser. Je veux le même (Ah? Non, je peux pas? Mince... )Bon, trêve de blague, je retourne travailler :)

 

13:30 Publié dans Nexus | Lien permanent | Commentaires (0)

Les commentaires sont fermés.