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30/01/2005

London - 2005/01/30 @ 18h00

Dire que le temps me manque est un euphémisme. 3h30 de trajet journalier, 8h de travail intense, des soirées passées à chercher un nouvel appartement, et sans parler des surprises (les chutes de neige, les caténaires qui cassent, les tempêtes venteuses…), tout ça cumulé ont fait passer le mois de janvier à une vitesse absolument effarante. Du coup, il y a plein de choses que j’aimerai partager, mais je ne sais pas trop par où commencer :) Déjà, j’ai finalement trouvé un endroit où vivre à Cambridge, ce qui a été plus compliqué que je ne l’aurai cru. La ville étant principalement universitaire, le marché de la location est plein de petites chambres étudiantes qui ne peuvent plus me satisfaire. Mais ce n’était pas mission impossible… Une autre chose qui m’a marqué, ce sont les chauffeurs de bus ;) Difficile de décrire, mais au moins on ne s’ennuie pas… Trêve de ruminations personnelles. Aujourd’hui, l’Irak vote, et les medias britanniques sont mobilisés en attente soit de la rédemption, soit de l’apocalypse. Les débats font rage en attendant les résultats. Déjà, la liste des morts est lourde, les attentats suicides sont nombreux. J’espère honnêtement que les choses vont allez pour le mieux, mais je ne peux m’empêcher de penser à la société occidentale où les gens ne vont plus voter alors qu’en Irak, certaines personnes bravent la mort. Si ici la société du spectacle bat son plein, dans quel mesure cela s’applique-t-il la bas ?

 

L’accord EA-ESPN continue de défrayer la chronique et les analystes outre manche. L’accueil des joueurs face à cette nouvelle est relativement glacial – pour ne pas dire hostile – tandis que de nombreux analystes soulignent l’intérêt du consommateur dans cette affaire. Mouaif. En attendant, Take-Two, en quelque sorte le dindon de la farce, contre attaque en signant une exclusivité de 7 ans avec… la MLB. Allons bon, kezako ? La MLB est la principale ligue de baseball aux Etats-Unis. Alors maintenant, le baseball est loin – très loin – d’avoir l’importance du football. De plus, l’exclusivité porte seulement sur les jeux third party. Ca veut dire que Sony, Microsoft ou Nintendo peuvent faire des jeux MLB. Ce que Nintendo a décidé de faire d’ailleurs. Du coup, c’est EA qui se moque littéralement et en public de Take-Two. Autant dire que la tension est à son comble. Qu’a cela ne tienne, Take Two a racheté à Sega les studios Visual Concept, confirmant par la même leur volonté de rester ancré dans le jeu de sport.

 

Les premiers dégâts collatéraux des invendus de noël commencent à apparaître. Ainsi, alors qu’EA est au sommet de sa gloire, l’éditeur a décidé de licencier 60 personnes de son studio à Los Angeles. Juste un nettoyage de printemps ? Beaucoup plus sérieusement, les rumeurs de fermeture de Troika serait lié aux décevant chiffres de vente de Vampires La Masquerade. De même, JoWood ferme plusieurs studios en Allemagne et en Autriche. Un autre coup dur pour la production Européenne.

 

En vrac, EA n’est pas le seul éditeur à consolider, puisque Activision à racheté Vicarious Vision, le talentueux développeur de Spiderman 2. De même, le business du jeu se porte très bien pour lui, puisqu’en moyenne, 1 jeu est vendu toutes les 8 secondes de part le monde. Merci au Guardian de nous rappeler aussi qu’ un enfant meurt de faim toute les 8 secondes. Sinistres chiffres. La première conférence sur la publicité dans les jeux vidéo va se tenir à New York le 14 Avril, confirmant la poussé de cette forme de revenue pour l’industrie. Enfin, la chine a banni encore 50 jeux, dont FIFA 2005, les Sims 2 et battlefield Vietnam. Hummm, trois jeux EA. Ca veut sans doute dire quelque chose ;)

 

L’autre sujet qui domine les débats ces derniers temps, ce sont toutes les plateformes next gen. Ce Noël a probablement vu l’age d’or de la PS2 et de la XBox, tandis que la Gamecube reste à la traîne. Et toute l’attention est désormais tournée vers l’avenir. L’ excitation pour les nouvelles possibilités est tout de même contre balancé par les craintes de fermeture de nombreux studio. Du coup, je suis un peu dans une situation paradoxale, car étant donné ma position, je ne peut pas forcement m’exprimer sur le sujet avec toute la latitude souhaité. Mais résumons au moins les diverses rumeurs plateformes par plateformes.

 

Pas grand-chose à dire sur la XBox 2, étant donné je suppose que tout le monde sait déjà à peu prêt de quoi il va s’agir. Néanmoins, les rumeurs sur le line up d’EA sont déjà très précises, avec au fond très peu de surprises. Le point le plus intéressant serait la disponibilité des jeux aussi bien sur la Xbox 2 que sur la Xbox et la PS2, ce qui confirmerait la volonté de l’éditeur de maintenir un flux de revenu majeur sur les consoles de cette génération. Un autre jeu XBox 2 serait Gears of War, utilisant le dernier moteur – très impressionnant ceci dit - d’Epic.

 

De son coté, le CELL continue de fasciner les commentateurs. Cette technologie à la portée bien plus vaste que juste la PS3 est ainsi le sujet de ce long article technique. De manière curieuse, c’est un site dédie à la Xbox qui prétend que le CELL tourne à 4.6 Ghz. Enfin, Nvidia au CES a un peu décrit le GPU qu’elle fournira à Sony pour la PS3. Qui vivra verra…

 

Nintendo n’est pas en reste, et les rumeurs sur la Révolution sont peut être les plus intéressantes car les plus originales. Tandis que CVG élabore une liste de possibilités pour la Révolution, un schéma de la console aurait été dessiné par quelqu’un présent lors d’une conférence privée dédiée aux shareholders de Nintendo. Passionnant :) Pour finir, la vraie question, sera de savoir si oui ou non les 3 consoles seront présentées à l’E3 cette année ?

 

En attendant les monstres, la PSP et la DS occupe le terrain. Ayant eu la chance de manier aussi bien l’une que l’autre, je sais parfaitement combien ces deux machines sont vraiment sympathiques et désirable. Mais c’est la PSP qui m’attire le plus, non pas en temps que plateforme de jeux, mais pour tout le reste. Sony a souvent dit que la PSP n’était pas un concurrent direct de la DS. Et je pense que c’est vrai. La vraie cible de la PSP, c’est l’iPOD. C’est l’iPod qui a remplacé le walkman aujourd’hui, au point d’être l’objet de toutes les études. C’est l’iPod qui occupe aujourd’hui le terrain convoité par la PSP. Et dans une certaine mesure, ça va être le combat de l’image contre la musique. Quiconque a joué sur une PSP ne peut que rester fasciné par son écran absolument incroyable. C’est ce combat qui va signer l’avenir de Sony, et gageons qu’Apple a déjà relevé le défi.

 

Un sujet qui prendra peut être enfin toute la place qu’il mérite avec l’arrivé des nouvelles consoles, c’est le game design. Déjà, le Guardian se demande si les games designers ne dépérissent pas comme les rock stars à force de faire des jeux basés sur des licences hollywoodiennes. Pourtant le game design aborde pleins de nouveaux sujets, comme l’homosexualité. Les games designers parlent de plus en plus ouvertement, et s’apprêtent peut être à prendre enfin plus de poids face aux services marketing et aux démos technologiques.

 

En parlant de licences hollywoodiennes, Clive Thompson tire à vue sur l’attraction trop grande des films sur les derniers jeux. Dans une certaine mesure, je serai certainement d’accord avec son point de vue si j’avais une approche puriste du jeu, seulement il n’y a pas 36000 façons de gérer une histoire et des personnages. Ce n’est pas un hasard si les deux medias convergent, et il y a du bon à piquer au cinéma, la musique par exemple.

 

Niveau technique, Gamasutra a publié un extrait de « AI for Computer Games », ce qui est toujours un problème fondamental du jeu. Je me demande souvent dans quelle mesure la vaste majorité des approches actuelles sont trop naïves pour réellement fonctionner. NVidia a également mis en ligne son dernier SDK, pour codeur graphique uniquement ;)

 

Tandis que le concours de programmation Project Hoshimi est sur le point d’aboutir, les vainqueurs du festival de jeu indépendant ont été annoncés. Je n’ai malheureusement pas eu le temps d’essayer ces titres, mais il y en sûrement certains intéressants.

 

A la croisée de l’alternatif et de l’art, Counter Strike continue d’être une cible privilégiée pour les taggeurs post-situ, tandis que le travail d’ Edostern fourni des perspectives originales aux frontières des arts politiquement engagé. J’avais déjà parlé de leur simulation de l’assaut du FBI sur Waco. Pour personnes ouvertes d’esprits…

 

 

 

 

Les MMORPG connaissent une sorte d’age d’or avec des titres comme World Of Warcraft. Sujet de nombreux machinimas, leurs économies ne cessent de passionner les analystes. De même, la portée sexuelle et morale dans ces jeux sociaux fascine les joueurs. Sociolotron est d’ailleurs un projet de MMORPG sans tabous, ou pourront s’exprimer toutes les perversités humaines. Second Life offre déjà par ailleurs pas mal de latitude à ce sujet. Le sexe et la romance seront les projets espaces qu’investiront les jeux…

 

Les jeux éducatifs font l’objet d’une série d’articles aussi bien sur leur intégration dans les salles de cours que sur leurs qualités intrinsèques. Il est vrai que beaucoup de ces jeux pêchent par un manque patent de recherche visuel et gameplay. Si les jeux aident à former de bons leaders, la magie ne peut opérer que si les jeux sont bons, éducatif ou pas.

 

En vrac, les jeux en réalités augmentées commencent à faire parler d’eux, et je crois énormément en leur potentiel, particulièrement avec les possibilité Wifi de la DS ou de la PSP. GameGirlAdvance revient sur la possibilité de créer des jeux mettant en avant la pacification de conflits comme celui entre Israël et la Palestine. Enfin, la conférence DIGRA se propose d’étudier les myriades de conséquences culturelles que le développement des jeux va produire.

 

En parlant jeux et culture, voici un site qui vous propose de jouer à presque tout les jeux 8bits (Nes, Sega Master System) en ligne, en java et gratuitement :) J’ai bien aime aussi cette chanson Katamari Damacy, faite par un fan. Et si vous voulez vraiment jouer à des jeux différents, pourquoi ne pas essayer Mono ou Darwinia ?

 

Hors sujet. Wired revient sur le projet d’ information liquide, sorte d’hyper lien poussé à l’extrême. La métaphore est malheureuse, si tant est que la dernière chose que je souhaite en tant que consommateur d’informations, c’est qu’elle coule entre mes mains sans que je ne puisse rien en retenir. Une autre marque de la créativité à l’américaine est Kryptos, une sculture commandée par la CIA et contenant 4 messages cryptés défiant leurs propres experts. J’ai trouvé l’idée plutôt intéressante. Moins sérieusement, souvenez vous de vos années d’étudiants. Si vous aviez pu dresser la carte de qui a entretenu une relation sentimentale avec qui dans votre campus, a quoi cette carte aurait pu ressembler ? Peut être à celle-ci. Le fait le plus intéressant, c’est cette concentration locale d’un grand nombres de personnes…

 

Pour finir cette longue news, J’ai été marqué récemment par une pub particulière. A l’antipode des pubs pour les jeux dans les années 80, cette nouvelle publicité pour la Golf GTI a exploité intelligemment l’image de Gene Kelly dans la fameuse scène « Singing in the rain ». Fantastique… :)

 

 

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20/01/2005

Cambridge - 2005/01/20 @ 13h30

Wired est traditionnellement un magazine essentiellement américain. Avec une tendance au futurisme pur et dur et une croyance naïve dans les mécanismes libéraux, Wired est pourtant une bonne ressource sur ce qui se fait dans le monde des nouvelles technologies et leurs utilisations par le public (américain, encore une fois). Cet héritage est la cause de ma surprise quand je suis tombé sur cet article à propos des effets des nouvelles technologies de communications sur les pèlerins de la Mecque. Même si l’article est intéressant, et à ce titre trop court, le contexte était trop surprenant pour ne pas s’y arrêter deux minutes. L’intérêt pour le sujet s’explique pourtant rapidement : la relation entre ces technologies et le monde musulman obsède les Etats-Unis. Pour comprendre pourquoi, il convient de réaliser combien ces technologies (du téléphone portable à Internet) sont chargées de symbolique Américaine, au point de presque se confondre avec le pays d’origine de ces outils. Il n’est pas difficile de réaliser que le corpus visuel tout comme les champs lexicaux de ces technologies sont presque exclusivement basé sur la culture américaine. Le mythe américain, c’est le progrès technique et scientifique, avec la profonde conviction que tout progrès est bon. A ce titre, l’utilisation que font certaines organisations terroristes et/ou la moindre acceptation de ces technologies dans le monde musulman semble incompréhensible. Ou effrayant, dans la mesure où ces rejets minent la conviction principale de la culture occidentale, celle qu’à terme il s’agit de la meilleure organisation sociale au monde. D’où l’intérêt croissant des américains au sujet du développement d’Internet ou de la téléphonie mobile dans le monde, par conviction que l’adoption de ces outils signifie l’adoption à plus ou moins long terme aux valeurs occidentales. Est-ce un pari tenable ? Est-ce que la téléphonie ou Internet sont des chevaux de Troie plus efficace que toutes les armées d’occupations ?

 

Décidemment, EA a décidé que 2005 seraient son année, envers et contre tout. La perspective d’un contrôle global se profile pourtant à l’horizon. Non content de minimiser leur entrée dans l’actionnariat d’Ubisoft façon « Mais non. Nous ce qui nous intéresse, c’est l’humain. Ayez confiance… », le mogul du jeu a profité de la confusion pour planter le couteau dans le dos de Take-Two. Reprenons l’histoire depuis le début. EA contrôle le marché du jeu de foot américain depuis des années. Mais cette saison, Take Two a lancé une offensive commerciale sur ce segment à l’aide de jeux labellisées ESPN et vendus à prix cassé (30 Euros environ). EA, voyant sont monopole menacé, a commencé par acheter les droits de la NHL pour 5 ans. Qu’a cela ne tienne, Take-Two essaie de signer avec une autre organisation, l’AFL. Mais EA souffle aussi ce contrat. Take-Two avait encore à ce point le support d’ESPN, la fameuse chaîne sportive US. Seulement hier, EA a annoncé l’exclusivité des droits d’ESPN pour… 15 ans !!! 15 ANS !!! De mémoire de joueur, je n’ai pas souvenir d’avoir jamais vu offensive aussi agressive dans l’industrie. Take Two est à présent dans une situation intenable, ayant perdu la marque principale de ses jeux de sports après avoir bataillé pour à peine commencer à rogner les parts de marchées d’EA.

 

Tout pourrait s’arrêter là si EA n’étais pas aussi en train d’investir les autres industries du divertissement. Apres l’annonce de la création de son label musicale, la télévision est la prochaine cible de l’éditeur. Et quoi de mieux que les Sims pour préparer une émission de télé réalité ? Simple, au lieu de contrôler la vie des fameux avatars électroniques, pourquoi ne pas contrôler la vie de vraies personnes ? Et Keith Stuart du Guardian de prédire l’apparition d’EA TV. Avec au programme l’équivalent des feux de l’amour (Coronation Street) façon Sims et l’inévitable match FIFA du jour. A l’heure où Gerhard Florin déclare à la BBC que l’objectif d’EA est de concurrencer Disney, on est peut être pas loin de la vérité. Ceci dit, Pixar va encore rire à pleine dent. Quand on déclare que les productions next gen vont être à même de concurrencer les Nemo, Incredibles et autres Toy Story point de vu rendus, c’est faire preuve encore une fois d’un aplomb – ou d’une ignorance – patenté.

 

J’avais promis de revenir un jour sur Argonaut et ce qui s’est passé après la disparition du groupe. L’heure n’est sans doute pas encore venue. Mais il est néanmoins intéressant de noter l’apparition de RockSteady Games, studio fondé par SCI pour finir Roll Call, le dernier jeu sur lequel j’ai travaillé pendant un an. Même si l’équipe de RSG est bel et bien composée d’ex d’Argonaut, seul 4 de ses membres ont vraiment travaillé sur Roll Call. Le lead programmer, l’architecte, le programmeur graphique, le programmeur physique (moi), les programmeurs IA et tools, aucune de ces personnes ne fait parti de RSG. Est-ce que SCI était au courant au moment de signer le contrat? Nul ne le saura jamais ;) Mais je leur souhaite tout le bohneur du monde. On va avoir besoin de nouveaux studios pour balancer les disparitions de nombreux groupes.

 

Le MIT organise une compétition de programmation de jeux vidéo, à destination uniquement de ses étudiants, mais dont les résultats et les modalités sont accessibles au public. Et devinez qui fait partie des sponsors ? Et oui, EA (Non, je ne fait pas une fixation !). Ailleurs, Cultural Gutter a publié une réflexion intéressante sur Half Life et la verisimilitude (Je sais, j'en avais déja parlé avant, c'est juste une piqure de rappel). De même, GameDevBlog a publié coup sur coup une critique du livre « Theory Of fun », et une réflexion sur les points de sauvegarde et le sens qu’ils ont encore aujourd’hui…

 

Pour finir, je n’ai pas pu résister à l’irrésistible pose sexy de… Bill Gates ! Et oui, pour devenir maître du monde, il faut savoir faire des sacrifices ;) Ah, et puis aussi ce fabuleux tatouage Zelda qui a du prendre pas mal de temps et de talent pour le réaliser. Je veux le même (Ah? Non, je peux pas? Mince... )Bon, trêve de blague, je retourne travailler :)

 

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16/01/2005

London - 2005/01/16 @ 17h00

Ce qui passionne l’Angleterre en ce moment, ce n’est pas les suites du Tsunami ou de la guerre en Irak. Même Desperate Housewives ne fait pas autant parler. Non, ce qui passionne l’Angleterre, c’est le fait que le prince Harry est allé à une soirée en tenue de soldats allemand nazi. Forcement, ça n’était pas la choser la plus intelligente qu’il pouvait faire. C’est déjà dur d’être adolescent, mais être un prince ne simplifie rien. Plus intéressant fut cette question pose a de nombreux chercheurs de part le monde : « En quoi croyez-vous que vous ne pouvez pas prouver ? ». Les réponses sont fascinantes et d’un enrichissement incroyable ! La réponse de Tor Nørretranders par exemple, qui pense qu’avoir la foi donne un avantage cognitif crucial, quelque soit l’objet de votre foi d’ailleurs. Ou celle de Donald Hoffman, qui pense que le monde physique n’est qu’une interface, une représentation d’un univers dans lequel seule la conscience aurait une existence concrète. Ou encore Alison Gopnik qui pense que les bébés sont en fait bien plus conscients de leur environnement que nous ne le sommes nous même tout simplement parce que le fonctionnement de notre conscience nous isole fondamentalement du monde perceptif et sensible. Je pourrai continuer comme ça pendant des heures, tant ces commentaires sont passionnants !

 

Les effets de Noël étant passé, l’état de grâce commence à se dissoudre. Si EA rachetant Ubisoft est en soi suffisamment important pour mériter l’attention de la plupart des medias traditionnels comme le New York Times, ce n’est pourtant rien comparé à la potentielle entrée de NewsCorp dans l’industrie. L’annonce de cette possibilité a littéralement enflammé les commentateurs. Il faut dire que NewsCorp, c’est Ruppert Murdoch, l’homme derrière la dernière élection de Tony Blair et le support inconditionnel au gouvernement ultra conservateur américain, les réseaux Fox, CNN et Sky. C’est des dizaines de journaux partout dans le monde, comme le Sun par exemple. C’est un personnage qui pense être l’un des maîtres du monde et qui a le mauvais goût de le clamer haut et fort. Bref, NewsCorp, ce serait l’équivalent de l’entrée du loup dans la bergerie. EA à coté, c’est un exemple de vertu.

 

Pourtant, cette arrivée ne serait pas forcement dramatique. L’industrie est désespérément en mal d’extension, avec des sociétés comme Eidos ouvertement à vendre. Et l’exemple de Vivendi, qui malgré le fait de faire partie des géants médiatique aux cotés d ’AOL Times Warner ou de NewsCorp est obligé d’annoncer 90 licenciements dans sa division jeu en France, permet de relativiser l’impact de Murdoch sur l’industrie. Néanmoins, il convient d’être prudent. La politique agressive d’EA, comme l’achat de l’exclusivité AFL juste après celle avec la NFL, peut mettre des sociétés comme Take Two au dos du mur, et ne fait que faciliter l’entrée de nouveaux investisseurs, potentiellement encore plus agressif qu’EA…

 

Toutefois, tout ces rachats et autres OPA ne parviennent pas à distraire l’industrie qui continue de se polariser sur la question des nouvelles plateformes. Il faut dire que la transition vers la PS2 à finalement tuée tellement de studio que l’angoisse est justifié. Beaucoup de sociétés qui dominait le marche sur PSX ou N64 (de Eidos à Argonaut, de Rare à Naughty Dog ) n’ont pas su profiter financièrement ou technologiquement du marché de la PS2 et de la XBox. Alors toutes les informations sont cruciales. Financièrement, il y a un consensus pour penser que le prix des jeux à la vente va augmenter pour amortir les investissements. Techniquement, le CELL et la PS3 vont officiellement être détaillé à la GDC.

 

Mais le plus important, et probablement l’un des points sur lesquelles tout les regards se tourne aujourd’hui, c’est l’évolution des games designs. La liberté technique permet de lever énormément de limitations sur le design, et bien exploiter ces nouveaux potentiels va être crucial pour se démarquer d’un marché qui s’annonce d’avance encore plus difficile que sur les plateformes courantes. Par exemple, pourquoi ne pas tacher de se débarrasser des stéréotypes féminins ?

 

Le Media Lab Europe, fameux spin off du MIT à Dublin, a fermé ses portes fautes de financement. Je trouve triste que cette initiative ait échoué, soulignant par la même la très grande différence entre le fonctionnement de la recherche Européenne et Américaine. Pourtant, il y a des choses qui changent. Copenhague a le vent en poupe, puisque de nombreux poste en doctorat sont à pourvoir en… jeux vidéo ainsi qu’en jeux éducatifs !

 

Le dernier White Paper de l’IGDA sur les mondes persistants vient d’être publié. Ce document est une vraie mine d’or sur ce marché en pleine maturation et qui a vraiment peu à voir avec le business des jeux traditionnels. Il n’y a qu’à lire les prédictions de TerraNova pour s’en convaincre. Quoi, un litige pour des propriétés virtuelles va aboutir en court de justice ? Une compagnie qui n’a rien à voir avec le jeu va utiliser un MMOG pour vendre ses produits ? Une émission de télé réalité basée sur un de ces jeux ? Clairement, on est loin des considérations du marché console !

 

Une autre tendance, c’est les développeurs qui vont continuer à prendre de plus en plus la parole. Havok étant aujourd’hui un outil reconnu, il n’est pas surprenant de tomber sur une interview de Steve Collins, directeur du développement a Havok. De même, Carmack a laissé tomber les fichiers .plan pour passer à l’écriture d’un blog. J’ai hâte de lire ses prochains commentaires sur les dernières cartes graphiques ou sa fusée ;)

 

Au moins, Carmack communique mieux que l’Armée Américaine. Ces derniers commencent à être lassés des tricheurs et autres mauvais joueurs à America’s Army, colère bien légitime ceci dit. Mais de la à menacer de lancer le FBI à leur trousse sous prétexte que les serveurs du jeu appartiennent à l’armée démontre les limites de leur démarche. America’s Army n’est pas un jeu. Malgré toute les apparences, le moteur d’Unreal, la gratuité du produit, America’s Army n’a rien d’un jeu, il s’agit d’un outils de recrutement. Dans quelle mesure l’armée trompe les joueurs reste à démontrer. Et à l’heure où l’armée déguise ses productions en jeux, qu’en est il de ces jeux qui tachent de prendre corps dans le monde réel ? Ces jeux immersifs aux frontières flous sont le sujet de ce livre dont voici quelques chapitres. Et dans quel mesure le jeu devient un media quand autant de productions aux objectifs et calendriers si différents – quel rapport entre America’s Army et un Farklempt! ? - s’expriment à l’aide de cet outil ?

 

Ces frontières qui se brouillent vont finir par poser de sérieux problèmes éthiques, surtout quand on a déjà des gens qui confondent Katamari Damacy avec le monde réel ! Dieu merci, tous les conducteurs ne sont pas des joueurs, mais on ne m’avait encore jamais faite celle là ! Plus sérieusement, dans un monde où l’héroïsme a disparu, où la majorité des gens rêvent surtout de rentrer chez eux à temps pour dîner, les différentes industries du divertissement supportent de plus en plus le poids de cet espace inique, et l’impact d’un film, ou d’un jeu, a le pouvoir de transformer la culture. Et la culture, c’est le miroir par lequel nous voyons et comprenons le monde…

 

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09/01/2005

London - 2005/01/09 @ 18h00

Retour en UK pour une semaine active et bien remplie. Se remettre au travail fait un bien fou ;) Evidemment, étant donné que je fais l’aller retour Londres Cambridge chaque jour, j’ai un peu (beaucoup) moins de temps libres. J’espère juste que ça va s’équilibrer un peu mieux cette semaine, mais pour l’instant, c’est ce site qui en pâtie un peu. Ce n’est que temporaire…. Mes problèmes ne sont bien sur rien comparé à ceux que doivent affronter les survivants du tsunami. Quand je lis le chiffre de 150 000 morts, je ne peux pas m’empêcher de le multiplier par deux pour inclure ceux qui vont mourir de maladie, de famine, ou de désespoir. En Angleterre comme en France, la mobilisation a été sans commune mesure, des millions d’Euro et de Livres Sterling ont été levé, parfois de façon très originale, comme cette compétition Halo2 au cinéma VUE à Leicester Square hier après midi. Toutes ses contributions sont sans doute insuffisantes, mais on ne pourrait faire moins. Pourtant, sans nier l’échelle de cette catastrophe, il est parfois difficile de comprendre cette brusque mobilisation alors que partout dans le monde, des milliers de personnes meurent par jour de guerres, famines, maladies… Qu’est ce que le business de la compassion finalement ?... Mais ce n’est pas encore l’heure des comptes. Donnez si vous le pouvez….

 

Bon, évidemment, le focus industrielle du moment, c’est (encore) EA. Le rachat de 20% d’Ubisoft continue de défrayer la chronique. Yves Guillemot considère bien sur l’opération comme étant hostile, et mobilise ses forces pour résister. Pour comprendre le problème, il faut savoir que près de 45% des actions d’Ubisoft sont diluées auprès de petits porteurs potentiellement susceptibles d’est tentés par une offre alléchante par EA. En achetant d’office 20% à John de Mol (le créateur de Big Brother), EA se met en mesure d’opérer une OPA active quasi immédiate. Mais cette semaine a vu une nouvelle échelle de frénésie autour de cette opération. Le gouvernement français a officiellement pris position contre ce rachat. Infogramme est même rentré dans la danse, ce qui tient du surréalisme étant donne qu’Atari n’est pas dans une position d’aider qui que ce soit ! Même Vivendi, soit disant adoubé par Rafarrin, aurait proposé une fusion avec Ubisoft. Cette rumeur, fermement nié par Vivendi, signerait la fin de la division Vivendi Games, étant donné les mauvaises performances de cette dernière. Pour résumer, ce feuilleton économico médiatique tient plus de Dallas que d’autre chose.

 

Mais il faut voir la chose sous un autre jour. Dans cette affaire, Ubi a tout à gagner. La société a en effet été adoubé comme étant l’un des fleurons de l’économie française, au coté de Vivendi, Alsthom, Dassault et autre AirBus. L’action a vu son cours s’envoler, et en tentant de racheter l’éditeur, EA a officiellement désigné Ubisoft comme étant leur concurrent le plus sérieux. Plutôt flatteur donc…

 

 

Alors, quel avenir pour EA ? Le géant posséderait jusqu'à 2.5 billions de dollars en fond directement utilisable pour les rachats et les acquisitions. D’autres compagnies vont forcement suivre. Par ailleurs, EA nie avoir chercher à acheter les droits de la NBA. Quoi qu’il en soit, je pense que 2005 sera indéniablement l’année EA. Avec ou sans Ubi… Un autre point clef est l’intrusion gouvernementale dans cette industrie. Pour incongru qu’elle puisse paraître, elle ne fait que reconnaître l’importance économique de cette industrie pour la nation, en faisant écho aux mesures déjà en œuvre en Angleterre ou plus récemment, en Louisiane par exemple.

 

Complètement à l’opposé du spectre, pendant que Ubi est sous le feu des projecteurs, un autre éditeur français vient de disparaître silencieusement, et sans faire de vagues. Il y a maintenant plus de 10 ans, Titus était aux cotes d’Infogrammes et d’Ubisoft en terme de productions et de reconnaissances. Il quitte la scène aujourd’hui presque sans mériter plus qu’un entrefilet. Triste…

 

De son coté, le combat Sony/Microsoft occupe l’autre pan de la scène médiatique. Tandis que Cameron Ferroni prétend que la XBOX a dominé le marche US à Noël, la XBOX2 continue à alimenter les spéculations. Pour autant, Microsoft ne s’est pas lancé dans de grandes explications au dernier CES, si ce n’est Bill Gates qui y voit la plate forme media de demain. Ca devient presque lassant…

 

D’ici a la sortie des nouvelles plateformes, le secteur qui explose, c’est le jeu mobile. Servant d’ introduction au jeu à de nouvelles couches de la population, les jeux mobiles fournissent aussi une véritable base d’expérimentation sociale pour de nouveaux gameplay. De même, que l’on considère les MMOG du point de vue de la création d’une nation, ou que l’on crée des jeux où l’amour est la clef principale, il y a une réelle explosion créative des games designs, et je crois que de nouveaux jeux vont finir par émerger.

 

Et en la matière, les jeux alternatifs et indépendants vont montrer la voix. La BBC rend ainsi hommage aux jeux politiques, tandis que les jeux urbains comme ConQWest connaissent un succès certains aux Etats Unis. Même les machinimas font leurs apparitions au fameux festival de Sundance, dédié au cinéma indépendant.

 

Je ne suis pas le seul à faire des prédictions. Le Guardian en a fait 9 pour cette année. Il y en a des faciles – EA continuant son shopping – et d’autres un peu moins. Celles qui ont retenu mon attention sont la croissance du marche des jeux indépendants, l’évolution des jeux en outils sociaux voir sexuelles, ou encore l’évolution des jeux en shopping center. Ce dernier point me semble particulièrement approprié pour illustrer IGE. IGE est une sorte de plateforme d’échanges, de ventes et de cotations de propriétés virtuelles dans la majorité des jeux en ligne. Conçu comme une plateforme boursière, les outils économiques externes des MMORPG sont en train de fonder un nouveau pan commercial. Toujours ces frontières qui continuent de se brouiller entre le jeu, et la réalité. Une autre prédiction que j’aimerai ajouter, la fin des heures supplémentaires non payées ? ;)

 

Les serious games aussi ont le vent en poupe, en particulier les applications éducatives et formatrices. Des chirurgiens aux traders, pour apprendre à lire en classe ou une langue étrangère avec les Sims, ce marché est en train de connaître un véritable explosion. Les jeux sont reconnues comme étant un magnifique outils pédagogique, ce qui en dit long sur notre esprit et la façon dont nous appréhendons de nouveaux problèmes. Vous pouvez même apprendre à contrôler votre stress à l’aide de jeux biométriques comme Wild Divine. Je ne sais pas si ça marche, mais on fait difficilement plus original comme cadeau de Noël…

 

En la matière évidemment, l’armée mène la danse depuis plusieurs décennies. Le jeu est un outil de tous les jours pour les soldats américains, aussi bien pour se détendre que pour se former. La guerre en Irak justifie certainement l’intérêt des medias américains pour ces faits qui ne sont pourtant pas nouveaux.

 

Pour finir, cet article publié à la GDC Australienne sur la physique dans les jeux en ligne a retenu mon attention, ainsi que cette interview de Tom Miller au sujet du Managed DirectX. Mais la bourde du jour, c’est le Sun qui l’a faite. En accusant Disney d’avoir mis le mot Fuck dans le jeu Monster Inc sur GBA, le journaliste aurait sans doute mieux fait de vérifier que la cartouche était originale. Evidemment, il s’agissait d’une cartouche flashée avec une copie pirate, qui commençait par l’introduction du groupe de pirate. Encore une fois, les tabloïds anglais aiment bien taper sur les jeux, encore une fois sans raison…

 

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