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30/10/2005

Cambridge - 2005/10/30 @ 20h00

Il y a peu de choses à même de retenir mon attention au point de me forcer à mettre mes propres projets de coté. Ecrire sur ce site par exemple. Je n’écrit pas forcement pour être lu (je n’ai pas la prétention d’écrire des choses si intéressantes que cela), mais coucher sur le papier (même virtuel) mes idées et mes remarques me permettent de mettre à jour certaines choses qui m’avaient échappé, d’organiser le flux d’information que je reçoit chaque jour, et éventuellement de partager quelques trouvailles.

 

 

Mais ces derniers temps, le monde entier concours à m’empêcher de trouver le temps de faire cet exercice introspectif. Pour commencer, Heavenly Sword monopolise une part (trop) importante de mes ressources. Dans tout projet de longue haleine, il y a toujours ce moment où rien ne semble avancer dans le bon sens, où aucune de nos décisions ne permette de voir clair dans la masse de problèmes à résoudre. C’est le mur juste avant que toutes les pièces du puzzle ne tombent en place. C’est l’étape la plus délicate de tout projet, le moment le moins agréable. Ceux qui ont de l’expérience savent que si l’on parvient à franchir ce mur, on a gagné la partie. Beaucoup de productions échouent à passer cette barrière, et c’est souvent ce qui fait la différence entre un jeu générique et une vraie œuvre artistique.

 

Il n’en reste pas moins que c’est difficile, épuisant mentalement et parfois démoralisant. Ici, on appelle ça le « mid-project blues ». Evidemment, c’est dans ces moments là que la vie se rappelle à votre bon souvenir. C’est dans ces moments là que vous tombez malade, que votre famille a impérativement besoin de vous, que le consulat vous laisse tombez (un jour, je raconterai mes joies administratives) et que vous avez droit a un contrôle approfondi aux frontières entre Londres et Paris.

 

Bon.

 

Gardons le sourire…

 

 

Tout n’est pas si sombre dans le tableau. Mes cours d’arabe par exemple. Aussi surprenant que cela puisse paraître, je ne sais ni lire ni écrire en arabe. Apres tout, il n’y a rien d’anormal à ce qu’un enfant qui ais grandi en France n’ais appris que le Français, mais j’ai longtemps ressenti cela comme une lacune, une part manquante d’une personnalité composite complexe. Je parle l’arabe « marocain », celui de tout les jours dans les rues de Casa (quoique…). Mais le monde arabisant est vaste, s’étendant sur plusieurs centaines de milliers de kilomètres carrés. Il n’y a pas une langue arabe, mais des langues arabisantes, avec leurs particularités et vocabulaires locaux. Il y a bien sur un arabe standard, commun à toutes ces nations, et c’est celui que j’apprends aujourd’hui. C’est une parenthèse bien venue dans mon emploi du temps trop chargé.

 

J’ai également reçu une PSP à peu de frais (merci tonton Sony) :-) Honnêtement, ce n’est pas la bibliothèque de jeu qui m’attire, ni même les sorties de films UMD (pour la majorité, une série de navets hollywoodiens). Mais j’ai flashé le jouet en version 1.5, et direction les programmes homebrew. A programmer, la PSP est un environnement très agréable, et, pour ce qu’elle coûte, une excellente plateforme d’introduction à la programmation sur console. Si vous êtes étudiants et souhaitez un jour programmer sur console, c’est une fantastique opportunité.

 

Trêve de bavardage. Je parle souvent de Kuma Wars, ce jeu qui reproduit les conflits armés au gré de l’actualité. En principe, KW se place dans le genre de la reconstruction, une mise en scène d’une histoire déjà écrite. Mais l’actualité a des limites, et KW cherche visiblement de nouveau débouché.

 

A moins de vous désintéresser complètement de l’actualité mondiale, vous savez sans doute que l’Iran est dans le collimateur politique du moment. Il n’en fallait pas plus pour que KW propose une mission d’attaque sur une centrale nucléaire Iranienne. Ce qui a ma connaissance n’est plus du domaine de la reconstitution, mais bel et bien de la prédiction.

 

Il y a un gouffre entre faire de la reconstitution et faire de la prédiction. La reconstitution peut servir à analyser une défaite, ou, dans le cadre de KW, célébrer une victoire. Mais, en principe, elle n’a pas le pouvoir de réécrire les événements (à moins d’être révisionniste, bien entendu). La prédiction découle d’un tout autre point de vue. Elle passe de l’analyse à la préparation, de la célébration à la propagande. Elle nomme des conflits, ignorant par la même qu’appeler à la guerre est le premier pas qui conduit à cette dernière. Elle peut être utile, quand elle est faite dans l’objectif d’éviter le conflit. Ce n’est pas le cas de KW.

 

A l’opposé du spectre, on trouve « A Force More Powerful ». Imaginez que vous vivez sous une dictature, ou une démocratie fantoche (au moins 80% de la population mondiale ?). Imaginez que vous n’avez pas les moyens de prendre les armes, peut être parce que vous n’y avez pas accès, ou tout simplement parce que la force n’est pas de votre coté. Comment faire chuter le gouvernement fautif ? AFMP est un jeu qui vous met dans cette situation, et vous permet d’essayer diverses tactiques pacifiques. Evidemment, comme KW, ce jeu traite le sujet dans une perspective américaine de la notion de dictature. Les créateurs de AFMP ne sont pas des militants ou des résistants, ce sont des personnes qui ont leurs entrées à Washington, et qui globalement soutiennent la politique extérieur américaine.

 

2 jeux. 2 perspectives. Une seule et même propagande ? A l’heure où la BBC s’apprête a lancer une chaîne d’information en arabe alors qu’elle a elle-même en quelque sorte créé Al-Jaazira, il ne reste plus grand monde de crédible sur la scène internationale :-) Pour la petite histoire, Al-Jaazira va egalement lancer un service en anglais! Et la boucle est bouclée...

 

Si vous avez du temps, je vous conseille le travail de Asimina Vasalou sur la façon dont nous gérons la confiance en l’autre à l’ère d’Internet et du pseudo anonymat. Pour nos amis programmeurs, la Bit Twidling Hacks est une lecture indispensable. Incroyable ce qu’on peut faire quand on s’attarde un peu sur la notion de bitfield… Et pour se reposer l’esprit, allez donc essayer les jeux du laboratoire de gameplay expérimental. Qui sais, peut être y a-t-il une perle au milieu de toute ces idées ?

 

Ces derniers temps :

  • J’écoute: Wax Tailor – How I Feel
  • Je lis: Naguib MahfouzImpasse des deux palais.
  • J’ai vu: Broken Flowers – Bill Murray impose son flegme dans le dernier film de Jim Jarmush
  • Je joue à: Lumines – PSP – On reconnaît la pate du createur de Rez…
  • On me trouvera: à Cambridge en novembre. Je ne vais pas bouger des masses ce mois ci…
  • Je suis : Je ne suis : pas très disponible :-( Pardon à tout ceux qui attendent de mes nouvelles, je suis indigne de vous…

20:00 Publié dans Nexus | Lien permanent | Commentaires (0)