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11/07/2006

La Grande Arnaque.

Ces derniers temps, je fais pas mal de politique. Enfin, faire est un bien grand mot. Disons plutôt que j’aiguise mon attention dans une ambiance de plus en plus délétère. Après tout, c’est un peu l’époque des coups de sang, que la violence soit verbale ou physique.

Fait pas bon s’énerver en ce moment.

 

 

Bref. Je me disperse. Revenons au sujet.

En lisant la nouvelle critique sociale, je suis tombé sur une idée qui m’a interloqué : Historiquement, une génération qui démarre mal dans la vie finie en règle générale mal aussi.

 

C’est une phrase lourde de sens, en particulier dans l’ambiance actuelle. Mais qu’est ce qu’elle signifie concrètement ?

 

Concrètement, elle signifie qu’une fois que vous vous êtes inséré socialement à un certain niveau ou dans une certaine classe, le jeu est quasiment fini. Un chômeur longue durée aura du mal à trouver un poste en CDI, un ouvrier ou un salarié ne deviendra pas cadre moyen, un cadre moyen a peu de chances de devenir dirigeant.

Une autre façon de formuler cette idée est que si vous n’avez pas tout dès le départ, vous n’avez qu’une chance infime de l’avoir sur le long terme.

Alors je me suis mis en quête d’un exemple réel de ce phénomène, exemple que j’ai trouvé dans un article du New York Times :

 

« He found that the performance of the stock market in the two years the students were in business school played a major role in whether they took an investment banking job upon graduating and, because such jobs pay extremely well, upon the average salary of the class. That is no surprise. The startling thing about the data was his finding that the relative income differences among classes remained, even as much as 20 years later.
 
 
The Stanford class of 1988, for example, entered the job market just after the market crash of 1987. Banks were not hiring, and so average wages for that class were lower than for the class of 1987 or for later classes that came out after the market recovered. Even a decade or more later, the class of 1988 was still earning significantly less. They missed the plum jobs right out of the gate and never recovered.
 
 
And as economists have looked at the economy of the last two decades, they have found that Dr. Oyer's findings hold for more than just high-end M.B.A. students on Wall Street. They are also true for college students. A recent study, by the economists Philip Oreopoulos, Till Von Wachter and Andrew Heisz, "The Short- and Long-Term Career Effects of Graduating in a Recession" (National Bureau of Economic Research Working Paper 12159, April 2006. http://www.columbia.edu/~vw2112/papers/nber_draft_1.pdf), finds that the setback in earnings for college students who graduate in a recession stays with them for the next 10 years.
 
 
These data confirm that people essentially cannot close the wage gap by working their way up the company hierarchy. While they may work their way up, the people who started above them do, too. They don't catch up. The recession graduates who actually do catch up tend to be the ones who forget about rising up the ladder and, instead, jump ship to other employers. »
 
 

Pour simplifier le propos de ce texte, prenons deux générations – A et B - de diplômé démarrant avec le même bagage dans la vie active. L’une d’elle (A), démarrant en période de crise, les jeunes diplômés sont contraints de choisir des postes moins bien payés et avec des responsabilités diminués.

A l’opposé, la seconde génération (B) démarre en plein boom économique, ce qui leur permet de choisir de meilleur poste et donc d’avoir de meilleur revenue.

Conclusion : même après 10 ans, la génération A n’a pas rattrapé la génération B, même si ils sont soumis aux même aléas économiques.

C’est une idée capitale. A compétence équivalente, votre performance sociale peut être complètement différente en fonction de l’air du temps.

Elle est importante en cette ère de déclassement et de dévalorisation généralisé pour toute une classe de la jeunesse Française. C’est une touche d’espoir car elle signifie que l’on n’est pas totalement maître de son destin et que, somme toute, la dévalorisation que certains jeunes subissent est totalement injustifiée.

Mais c’est également une mauvaise nouvelle, car elle condamne une génération a ne jamais obtenir la reconnaissance qu’ils ont eux et leurs parents espéré.

Non seulement l’ascenseur social ne fonctionne que d’une génération a une autre, mais pire, aujourd’hui, cet ascenseur est en panne ou en chute libre, et il y a peu de choses à même de l’arrêter.

Pour notre société, c’est un fait très grave. La progression sociale fait partie des mythes fondateurs de la société Française moderne. Nous vivons dans la société du 80% de réussite au Bac, dans la société qui croyait en un avenir meilleur pour ses enfants, une société qui – a tort ou à raison – a fait de l’intégration républicaine un pilier de son identité.

Mais aujourd’hui, la France, c’est un univers d’étudiant sans réelles perspectives d’avenir,  un monde d’emploi jeune à bac + 4 et de personnes anxieuses de ne pas pouvoir entrer dans la fonction publique, un pays enfin ou, pour une grande majorité, l’horizon salariale mensuel ne dépasse pas 1400 Euros par mois.

La réalité jure avec le mythe, il se crée une forme de dissonance cognitive entre les espoirs et le vécu, et sur ces champs de confusion poussent toute les formes de discriminations, d’injustices et de désespoirs.

Alors, pouvons nous faire mentir l’histoire ?



12:50 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (2)

Commentaires

J'espère que la plupart d'entre nous vit ans l'espoir de faire mentir cette histoire.

Très heureuse de te voir réecrire.

Écrit par : Alex | 11/07/2006

Très heureux de toujours te compter parmis mes lectrices ;-)

Écrit par : Daz | 11/07/2006

Les commentaires sont fermés.