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13/07/2006

Les émeutes ou le syndrome top-bottom

Les émeutes de Novembre dernier ne sont pas passées inaperçu au niveau international. Peut être est ce due à une certaine forme d’arrogance Française perçu à l’étranger. Toujours est-il que les réactions et les commentaires ont été particulièrement sévères.

 

 

Et comme souvent, il faut savoir regarder ailleurs pour trouver de nouvelles perspectives intéressantes.

 

Le rapprochement que Michael Lissack opère entre les problèmes des communautés Gypsie en Hongrie et maghrébine en France est particulièrement intéressant.

 

Lissack met le doigt sur le déni permanent de ces problèmes par la masse dirigeante. Au lieu de résorber le racisme et le manque d’intégration économiques, cette attitude les a au contraire amplifié au delà du seuil du supportable.

 

Ce déni est d’autant plus grave que les signaux précurseurs sont particulièrement évident :

 

  • Repli territorial des populations immigrées et/ou en exclusion sociale entre elles.
  • Fort taux de chômage endémique.
  • Système de protection sociale corrosif et inadapté.
  • Manque d’intégration sociale…

 

Une idée de solution qu’avance Lissack m’a particulièrement intrigué. D’après lui, les approches du haut vers le bas (top-bottom), c'est-à-dire une politique centralisé, ne peut pas résoudre ce problème.

 

A l’opposé, Lissack propose de réunir et de mettre en valeur les personnes qui ont « réussies », et ce afin a la foi de changer la perception de la communauté en général, mais aussi afin d’agir à un niveau local en fournissant des modèles disponibles et proches des communautés concernées.

 

Tout ce que fait Lissack, c’est pointer le fait que le cœur du problème réside dans la notion de représentativité d’une communauté. Ce qui rassemble la communauté, c’est l’adversité commune que tous ont à subir.  Et c’est de la même façon, en rassemblant ceux et celle qui ont réussi en dépit des difficultés que l’on peut recréer le lien entre la communauté et ces membres isolés, et enfin aider à lui trouver une place dans la société.

 

La représentation et l’identité sont deux notions qui me semblent intriquements liés. Dans les moments de crise identitaire, la représentation sert de fil conducteur a une reconstruction réussi. Si on ne permet pas à la représentation d’exister socialement, toutes les dérives sont permises.

 

Permettre à la représentation d’exister, c’est créer les facteurs nécessaires à l’union sociale, seul réel moteur des solidarités.

 

En France, me semble-t-il, on a toujours essayé de faire l’inverse. L’intégration à tout prix en dépit de l’union qui, seule, pourrait permettre la vraie intégration.

 

L’union, ou le désir d’union, existe pourtant belle et bien. Il n’y avait qu’à voir l’enthousiasme, certes quelque peu factice, mais indéniable, qui a pris le pays pendant la coupe du monde.

 

Les jeunes banlieusards ont au fond tout autant envie d’appartenir à la nation que tout un chacun, et les émeutes ne sont qu’une autre forme de l’expression de ce désir.

 

Ce désir, à ma connaissance, aucun politicien ou parti politique n’a su ou ne sait comment le capitaliser. Seule la démagogie des extrêmes, qui uni non pas ensemble, mais contre l’autre (le riche, le bourgeois, le blanc, l’étranger, l’infidèle, l’élite, j’en passe et des meilleurs), semble réussir à faire passer son message de haine.

 

Comment unir ce que a été tellement brisé ?

19:05 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0)

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