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20/07/2006

The winners take all society

L'expression « The winners take all society » peut se traduire par « la société où les vainqueurs prennent tout ». C'est une expression qui a été popularisé par Robert H. Frank et  Philip J. Cook dans le livre du même nom dans les années 90.

 

L'idée que cela exprime est simple et pourtant extrêmement riche. Dans une société de ce type, les « vainqueurs » accumulent la vaste majorité des richesses. Les plus riches s'enrichissent, les plus beaux obtiennent le plus de partenaires sexuels, une élite réduite accède à la majorité des opportunités économiques et culturelles.

 

Et de fait, notre vécu confirme cette idée chaque jour. Nous avons tous à l'esprit des exemples de cette inégalité. Même le sens populaire abonde dans ce sens.

 

Ne dit-on pas que l'argent appelle l'argent ? Ne dit-on pas que l'on ne prête qu'aux riches ?

 

Si cette idée n'est pas nouvelle, elle n'en est pas moins fascinante.

 

Pourquoi se forme-t-ils une telle dissymétrie entre ceux – une minorité - qui ont tout et ceux – la vaste majorité - qui n'ont rien ? Qu'elles sont les mécanismes qui entretiennent cette dissymétrie ? Et combien même ils devraient y avoir dissymétrie, pourquoi existent-ils des singularités, des gens qui ont plus d'argent qu'ils ne pourraient humainement en dépenser dans une vie voire deux ?

 

Cette dissymétrie sociale et économique a longtemps été la source des grands mouvements politiques, à gauche comme à droite. Il me semble que de part et d'autre de ce vieux clivage, l'objectif au fond est le même : créer une société qui tire l'ensemble de ses composantes vers le haut.

 

A la droite libérale, la liberté d'agir et de commercer est sensé être le fondement du progrès. Globalement, la société s'enrichie avec la croissance de l'économie, et chacun en principe doit trouver sa place. Le problème, c'est que c'est cette même économie libérale qui génère par émergence la « winners-take-all society », créant finalement les conditions servant une minorité aux dépends de la majorité. Le laissez aller est somme toute quelque peu naïf.

 

A la gauche progressiste, le concept est inversé. Les disparités sont en principe compensées par une forte redistribution des revenues, permettant en principe à chacun de profiter du progrès de l'ensemble. Le problème c'est que cela se traduit à la fois par d’importantes forces de frictions économiques dues aux charges sociales et aux impôts. De plus, le nécessaire ensemble de système de redistribution lourd et conservateur, qui a du mal à s'adapter aux changements sociaux,  est souvent injuste car crée par l'homme.

 

Et enfin aux extrêmes, aussi bien communisme dur que totalitarisme conservateur ont prouvé leur incapacité à résoudre ce problème, si tant est que les deux ont tendances à tirer tout le monde vers le bas.

 

Autant dire que l'une comme l'autre de ces options ne me parlent peu.

 

Le problème, c’est qu’aucune politique ne m’apparaît viable pour contre balancer des effets qui émergent de toute façon de la structure sociale et économique. Seul un modèle alternatif pourrait changer les choses.

 

Je n’ai évidemment pas ce modèle sous le coude, mais je pense au moins connaître les propriétés qu’il devrait avoir. Dans l’idéal, les frictions devraient être inversés. Il devrait être très difficile de ne pas réussir à subvenir à ses besoins vitaux (nourriture, logement, transport, éducation…).  Par contre, plus l’enrichissement devient probant, plus il devrait être difficile de s’enrichir plus. Une sorte de logarithme en quelque sorte.

 

Il faudra que j’enrichisse ces prémisses quelque peu…

13:10 Publié dans Idées | Lien permanent | Commentaires (0)

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