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22/08/2006

Colombine

Le massacre de Colombine a traumatisé l‘inconscient collectif américain. Comme souvent, c’est principalement la capacité d’identification aux protagonistes qui a déclenché la vague d’empathie : l’innocence des victimes, la relative normalité de la ville de Colombine, l’image de jeunes adolescent se livrant gratuitement à un massacre organisé. Cet événement, au delà de la compréhension, au delà du miroir, a marqué le coté obscur du mythe américain.

 

Tous ces événements nous interpellent car ils nous mettent devant des situations angoissantes et inconnues. Comment réagir face à un enfant avec une arme ? Que se serait-il passé si j’avais été dans un avion le 11 Septembre ? Aurait je survécu dans un camp nazi ? Ces questions improbables et pourtant réelles nous poussent sans cesse à revisiter mentalement ces situations.

 

Nous écrivons des romans, des essais, des documentaires et des films. Avant, les contes et la tradition orale se chargeaient d’explorer la difficulté de vivre. Aujourd’hui, La liste de Schindler pose la question de savoir ce que c’est que d’être humain, et Guernica dénonce les crimes de la guerre en Espagne. Nous re-explorons continuellement nos cauchemars, de la même façon que nous sommes obsédé par la mort, afin de mieux pouvoir les mettre a distance.

 

 

Colombine n’est pas une exception. Par exemple, Elephant nous met face à ces enfants meurtriers qui auraient pu être les nôtres. Alors, si le cinéma le peut, pourquoi pas le jeu vidéo ? C’est le projet de Super Colombine RPG.

 

 

DESCRIPTION: This game delves into the morning of April 20th, 1999 and asks players to relive that day through the eyes of Eric Harris and Dylan Klebold, those responsible for the deadliest school shooting in American history. Preview pictures can be found below.

[ Super Colombine RPG ]

 

Est ce bien pertinent ? Après tout, c’est un sujet délicat touchant à l’une des composantes les plus fondamentale de notre société : les enfants. A priori, l’idée de faire un RPG est appropriée dans le sens ou elle permet d’explorer une suite d’événements scénarisés. Le RPG en tant que forme permet de contraindre un gameplay donné dans un cadre scénaristique restrictif et dirigée.

 

 

De plus, c’est une forme de jeu très simple à appréhender et donc très accessible au public. Et surtout, elle est souvent associée à des histoires relativement innocentes de héros sauvant le monde pour les yeux d’une belle.

 

Et c’est peut être la dessus que ce jeu est le plus pertinent : en entrant en dissonance entre les habitudes ludiques des joueurs et la gravité du sujet, le RPG arrive a reproduire le même malaise éprouvé face à la médiatisation du massacre.

 

Est-ce que c’est satisfaisant ? Non, évidemment. Le jeu vidéo en tant que média de critique sociale n’en est qu’aux balbutiements. Il reste encore beaucoup à faire avant de maîtriser le sujet. Mais c’est un début, et d’autres tentatives suivront.

 

D’ici là, je suppose que le cinéma restera encore longtemps le média le plus populaire pour revisiter l’histoire…

 

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