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06/09/2006

A partir de quand gagne-t-on trop ?

Il y a quelques temps, je m’interrogeais sur la juste valeur des choses. C’est vraiment un débat d’actualité, puisque tout le monde semble soucieux de se concept :

 

[...], si l'on trouve "naturel" que Zidane gagne beaucoup, pourquoi devrait-on être choqué que les PDG, dont les décisions commandent le destin de plusieurs centaines de milliers de personnes, gagnent autant ? En d'autres termes, sur quelle échelle morale faut-il inscrire, si besoin était, le jugement porté sur leurs rémunérations ?

 

Au Moyen Age, les penseurs scolastiques, interpellés par la renaissance du commerce et de la monnaie, se sont posé la même question : qu'est-ce qu'un prix "juste" ? Saint Thomas notait que "le prix des choses qui se vendent ne s'estime pas d'après la hiérarchie des natures, puisqu'il arrive parfois qu'un cheval se vende plus cher qu'un esclave". Duns Scot, autre grand penseur scolastique, estimait qu'un prix était juste à deux conditions : "La première est que l'échange soit utile à la communauté et la seconde que la personne reçoive dans l'échange une récompense fonction de sa diligence, de sa peine et du risque encouru" (cité par André Lapidus dans Nouvelle Histoire de la pensée économique, Economica).

 

Dans une étude brillante, qui circule beaucoup à Wall Street, Xavier Gabaix et Augustin Landier ont proposé une quantification de cette rareté ("Why Has CEO Pay Increased So Much ?", MIT, janvier 2006). Par des méthodes statistiques ingénieuses, ils mesurent la part qui revient au talent propre, rare, des PDG des grandes entreprises américaines dans la valeur des firmes qu'ils dirigent. Ils montrent que celle-ci est réelle, mais très faible. Selon les auteurs, si le PDG de la 250e entreprise (par sa capitalisation) devait remplacer celui de la première, il en résulterait pour celle-ci une perte de valeur de 0,014 % !

 

[ Le Monde ]

 

Vas-t-on trouver un système juste un jour ?

13:58 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (9)

Commentaires

Vu que tu as l'air de t'intéresser au sujet, j'avais écouter une chronique assez sympa sur le sujet, ça ce passe là :
http://www.bernardgirard.com/aligre/salairesdirigeants.html

Écrit par : Stéphane Becker | 06/09/2006

Moi ca m'a toujours degoutte de voir des gens comme Zidane toucher autant d'argent et se faire acclamer par des mecs qui touchent meme pas le smic...
Vivement que je devienne PDG moi!

Écrit par : Jeremy | 06/09/2006

PS: han j'avais meme pas remarque! Stephane t'as fini de me suivre! ^^

Écrit par : Jeremy | 06/09/2006

Merci Stéphane pour le lien ! J'irai voir ça dans 5 minutes ;-)

Yo Jeremy !!! Je te reconnais bien là ;-) Ceci dit, Zidane, il est au conseil d'administration de Danone maintenant! Tu vois, le sport (et les coups de boules), ça mène à tout !

C'est vrai, le sport est un opium comme les autres (religion, télévision, prostitution, et... jeux vidéo je suppose). On pas difficilement blamer quelqu'un qui vie en dessous du Smic de chercher à s'évader de temps à autre, non ? :-)

Moi, j'avoue, j'ai à priori plus de sympathie pour un Thuram que pour un Franck Riboud. Ne me demande pas pourquoi... Probablement une autre conception du pouvoir et des résponsabilitées qui vont avec.... :-)

Écrit par : Daz | 07/09/2006

Pour la sympathie je dirais qu'il y a plusieurs facteurs :
- Thuram démontre son talent à la vue de tous et c'est appréhendable pour tous le monde que c'est un sacré défenseur. (moi sur certains tacles je partirais sans doute avec le gus, la jambe du gus, et ses allocations familliales).
- Footballeur c'est très défini comme métier, alors que patron cela peut beaucoup varier d'une boite à l'autre. Genre dans certaines boites il n'est finalement plus que la façade médiatique de son entreprise.
- Un mauvais footballeur ça se retrouve en PHR secteur sidérurgie, alors qu'un mauvais patron on lui trouve une autre boite à diriger... dans le presque pire des cas. Parce que vu le "copinage" présent au niveau des conseils d'administration on peut toujours se poser des questions.
- Le sport reste encore un ascenseur social en état de marche, même s'il ne concerne qu'une poignée d'individus. Les dirigeants de grosses boites à l'heure actuelle cela ressemble plus à une caste dirigeante formée assez jeune à devenir les patrons de la boite et issu eux même du sérail ou de la poignée d'école "bien".

My 2 cents

PS pour Jeremy : C'est quantique ton commentaire sur le fait que je te suis, vu que j'ai posté avant toi :)

PPS: Dans les livres sur le côté il manque Modern C++ Design d'Alexandrescu.

Écrit par : Stéphane | 07/09/2006

En effet, le "copinage" - les gens qui sortent des mêmes écoles, se retrouvent dans les mêmes services, se marients dans les mêmes familles, fréquentent les mêmes clubs privés et autres parcours de golf - tout ces "privilèges" qui ne disent pas leurs noms ne m'inspirent pas bcp de confiance.

Mais en France (et ailleurs), c'est comme ça que les choses se font, y compris dans notre millieu.

Dernier exemple en date, le colloque de Lundi prochain à Paris: http://www.afjv.com/press0608/060901_colloque_jeux_video_assemblee_nationale.htm

Un titre ambitieux ( "Quelle politique pour les jeux vidéo" ) et une liste d'invité "prestigieuse" (de DONNEDIEU de VABRES à François LOOS).

Mais franchement, tu as vu la liste des intervenants ? Allez, sur la bonne vingtaine de personnes, dans le tas, il y en a 3 qui savent ce que c'est qu'un jeu vidéo!

Et les mauvaises langues diront que ca n'est même pas sur !

Honnetement, mis a part manger des petits fours et négocier des subventions publiques, quel rapport est ce que cela va avoir à voir avec notre industrie ?

A qui diable est ce que ces gens, cette "élite" auto proclamée s'adressent-elle ? A elle même, et à elle même seulement...

Et c'est le cas dans toute les industries...

Écrit par : Daz | 07/09/2006

PS: Pour le bouquin, c'est fait ;-)

Écrit par : Daz | 07/09/2006

Steph, Mus d'abord c'est MON pote a moi que j'adore et qui me manque, rien de quantique la dedans ;)

Oauis c'est pas nouveau que j'ai en abhorration le foot. Pour les footballer je saurais meme pas les reconnaitre, j'ai juste entendu vaguement leur nom aux infos avant de fermer le browser ;) Moi je dirais que le monde du foot contient au moins autant d'injustice sociale ou morale que celui des grand patrons... si le truc avec Zidane c'est pas du copinage... putainon croit rever. Le mec quasi autiste qui passe conseiller d'administration. J'en ferrai partie que j'aurais les boules GRAAAAVE.

Écrit par : Jeremy | 07/09/2006

Je me doutais bien que ca te foutrait en rogne ca ;-)

Bah, je suppose que je n'acheterai pas d'actions chez Danone avant un ptit bout de temps. Note, c'est pas que j'ai les moyens d'avoir un portefeuille de toute facon ;-)

Mais bon, c'est de bonne guerre je suppose. C'est comme le coup de l'armistice de Guy Drut, ca donne envie de faire du velo... lol !

Écrit par : Daz | 07/09/2006

Les commentaires sont fermés.