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30/07/2009

Pixar, les magiciens du scénario

C’est peu dire que j’ai de l’admiration pour Pixar. Et je sais que je ne suis pas le seul. Retour sur le mythe qui autour cette société à l’occasion de la sortie de « La haut » :

 

la-haut-41457.jpg

Pixar s'est précisément structuré pour se protéger des financiers. Investisseurs et actionnaires n'interviennent jamais dans la réalisation ou le choix des films.


Les studios sont dirigés par des créateurs et le pouvoir reste, quoi qu'il arrive, entre leurs mains. Dans ce groupe homogène, stable et soudé, on compte John Lasseter ; Andrew Stanton, réalisateur du Monde de Nemo et de Wall.E ; Pete Docter, à qui l'on doit Monstres et Cie et Là-haut ; Bob Peterson, co-réalisateur de Là-haut ; Lee Unkrich, scénariste de Toy Story 2 ; Brad Bird, l'auteur des Indestructibles et de Ratatouille.


Ils sont presque tous présents depuis la création de Pixar. S'il existe une recette à la créativité des studios, elle réside dans l'anti-taylorisation du travail.


Pixar a tout d'un studio à l'ancienne, et fonctionne sur des principes similaires à ceux qui firent la fortune d'Hollywood dans les années 1940, quand réalisateurs, écrivains et techniciens, tous salariés, travaillaient dans un lieu unique et passaient indifféremment d'un film à l'autre, quelquefois sans même être crédités au générique.



Autre particularité de Pixar : le ratio entre les idées développées et les idées produites est de 100 %. Dans les autres multinationales de l'audiovisuel, seuls 10 % des projets aboutissent.


Scénaristes et réalisateurs travaillent en général pour rien, et parfois pour beaucoup d'argent. Chez Pixar, un projet n'est jamais abandonné. Il peut être mis en sommeil, mais ressortira un jour ou l'autre.



Pixar est historiquement le pionnier et le promoteur du dessin animé en images de synthèse. L'animation numérique, en opposition à l'animation traditionnelle conçue avec la seule main de l'homme, reste un art à inventer.


Elle a longtemps souffert des idées reçues liées à l'élaboration d'une nouvelle technologie. La créativité semblait n'y reposer que sur l'efficacité d'un logiciel. On vous présentait l'animateur qui avait passé deux ans à tenter de faire remuer un index, pour trois secondes de film à l'écran. Ou son collègue confronté au mouvement des cheveux – longtemps le graal de l'animation de synthèse – lancé dans un programme de plusieurs années pour aboutir, comme ce fut le cas pour Les Indestructibles.


Le succès de Pixar, lié à l'arrivée de ces " nouvelles images " qui remportent les faveurs du public, repose sur un malentendu. L'hégémonie des studios dans le monde de l'animation ne tient pas à un choix " hi-tech " en phase avec l'époque ou à la découverte d'un algorithme, mais à une stratégie " low-tech " assumée, où se joue et se rejoue l'une des plus vieilles activités humaines : l'art du récit.


[ Le Monde ]

 

Il y a deux points sur lesquelles j’aimerai revenir : En premier lieu, je ne pense pas que Pixar soit organisé comme Hollywood l’était dans les années 40. Au contraire, ils sont bel et bien organisés comme doit l’être toutes entreprise de production numérique des années 2010.

 

Pour eux, avoir et maintenir des ressources humaines ne répond pas à un besoin de productivité (les grands studios Hollywoodiens « pissaient » du film comme Bollywood aujourd’hui), mais à un réel souci de qualité i.e capitaliser sur l’expérience acquise et continuellement améliorer ses compétences.

 

Dans notre industrie, c’est un peu la même dynamique, même si les considérations de productivités ou d’économie d’échelle prime encore souvent sur le souci qualitatif.

 

L’autre point qui me semble évident, et ce qui est bien souligné par l'article, c’est que si Pixar est un pionnier dans son média (les films CG), ils ne doivent pas leur succès à la technique, mais bel et bien à la qualité de leur contenu. Entre d’autres terme, le scénario, puisque c’est ce que véhicule le film.

 

Evidemment, il ne faut pas se faire d’illusion, la technique sert le scénario puisqu’elle permet de raconter des histoires plus efficacement. Et de même, le scénario s’adapte aussi à ce que la technique peu faire.

 

Mais ce n’est pas ce que Pixar vend. Leurs produits sont des vrais films, et de bons films, indépendamment de leur réalisation (qui est aussi excellente).

 

Dans le jeu, c’est aussi la même chose : ce n’est pas la technique qui fait sert le jeu, elle sert le jeu en rendant possible ce qui ne l’était pas (je suis intoxiqué pas Kojima apparemment)…

14:09 Publié dans Art | Lien permanent | Commentaires (10)

Commentaires

Une petite image qui illustre bien ca:

http://imgur.com/vCxQY.jpg

Écrit par : David | 30/07/2009

Mais LOL !!! C'est exactement ça !!! ^_^

Écrit par : Daz | 30/07/2009

Oui sauf que Blizzard c'est aussi un peu comme Blizzard. Budget sans limites, temps sans limites. Faut pas oublier qui est derrière Pixar : Steve Jobs et ce mec que l'on aime ou pas est un des plus grand visionnaire du High tech moderne... Comme on dit le succès attire le succès.

Écrit par : Pedro | 30/07/2009

il faut lire Pixar c'est Blizz :D

Écrit par : Pedro | 30/07/2009

en fait c'est mieux Pixar filliale de IML qui appartien à George L est revendu à Steve J..... Donc bon c'est pas des couillons qui ont géré la boite... qui a dit Luc Besson..

Écrit par : Pedro | 30/07/2009

Pedro toujours aussi remonté ^_^

Mais la question est valide: y a t il un succès Français comparable à Pixar ? Est ce désirable même ?

Après tout Europa se débrouille pas si mal que ça au fond...

Écrit par : Daz | 30/07/2009

@Daz pour Luc Besson (je pensais à son intervention pendant HADOPI :D) je pense qu'il s'en sort bien. Ce que je voulais dire par mon propros c'est la différence entre une structure qui sort du vide (ex-nihilo) et une qui part avec un putain de boost. Genre dans ton historique de création tu as George Lucas et Steve Jobs en général tu pars avec un gros avantage et cet avantage permet :
de levé des fonds
de risquer des business models différents sans que tes partenaires aient peur
de recruter facilement
etc...

Ma reflexion porte plutôt sur le fait que pour concevoir un Pixar il faut des sous (et beaucoup) et il faut un gros acquis de départ. Au final tu pourras prendre leur manière de travailler si tu n'as pas de GL ou de SJ au départ tu arriveras pas à faire pareil.

Écrit par : Pedro | 31/07/2009

Tu as probablement raison tu sais ^_^

Je ne pense pas que l'on puisse voir émerger une société comme Pixar avant longtemps, et ce y compris aux Etats Unis. L'animation est vraiment un secteur à la "winner takes all". Pixar est désormais une brand, et ils sont indéboulonnables... sauf si ils se plantent eux même évidemment!

Ce qui ne signifie pas que l'on ne puisse pas essayer quand même, ni que leurs façons de travailler soit totalement inutiles hors du contexte ;-)

Disons ceci:

Quelque soit le contexte - grosses structures comme Pixar avec beaucoup de fond en backup et de grands noms pour faire interface entre les financiers et les créatifs - ou petite entreprise semi-startup qui démarre sur fond propre emprunté à la famille (appellons là Anim&Co) - le produit lui est le même: un film (ou un jeu si on ramène ça à notre industrie).

Le spectateur (ou le joueur) se fiche de savoir qui à fait le film (ou le jeu). Ce qu'il veut, c'est se distraire. En règle général d'ailleurs, il ne sait pas qui produit ses divertissement: tout ce qu'il connait éventuellement, ce sont des marques (Pixar, Disney, Warner, EA, Ubisoft, Sony...).

Quoi qu'il en soit, ce sont les même ingrédients qui font que les films Pixar sont bons qui feront que les films de Anim&Co seront bons.

Ensuite, comme tu le dis à juste titre, le contexte étant différents, il faut trouver le moyen de faire quasi aussi bien, voir mieux dans l'idéal, en s'y prenant différemment...

Écrit par : Daz | 31/07/2009

Tres bon le dessin sur Dreamworks... mais quand meme, j'ai vraiment adore la quasi totalite de ce qui se trouve en bas, pour la valeur de divertissement qu'ils representent.

ps: Shrek 3 c'est le mal ;)

Écrit par : MMoi | 18/08/2009

Ouais, j'adore le dessin. So true :)

Écrit par : Daz | 18/08/2009

Les commentaires sont fermés.