Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

19/07/2006

Politique de l'empathie...

Que traduit l'émergence de la nouvelle forme de mobilisation qui se développe à travers le Réseau éducation sans frontières ?

Aujourd'hui, les gens se mobilisent pour une cause très précise. L'opinion préfère se mobiliser pour des causes locales que dans le cadre de la discipline d'un parti ou d'un syndicat. Aucun parti d'ailleurs ne récupère le dividende de cette mobilisation citoyenne.

Cette mobilisation que l'on voit grandir se fonde sur une proximité avec l'étranger. Les gens ont pris conscience que l'étranger n'était ni un concurrent sur le marché du travail ni un clandestin, mais un voisin avec qui ils vivent. Jusqu'alors la France était en quelque sorte un pays d'immigration malgré elle, mais, aujourd'hui, les gens prennent conscience du déclin démographique, des pénuries de main-d'oeuvre, du caractère multiculturel de la société future, ils comprennent que leurs enfants vivront avec des gens qui viennent d'ailleurs. Il y a une lente prise de conscience de l'absurdité de la fermeture des frontières à l'heure de la mondialisation. Tout cela n'est certes pas explicite, mais est, de toute évidence, présent dans cette mobilisation.

 

[ Le Monde ]

 

La politique de demain ne peut plus ignorer la dimension locale de la société. C’est une situation qui m’a toujours semblé quelque peu paradoxale. A l’heure ou nous n’avons jamais vecu sur une planete aussi petite, ou l’information circule plus vite que les hommes et les denrées, le miroir qui suscite le plus de mobilisation est celui de notre plus proche environement.

 

De façon similaire a NIMBY, nous ne nous mobilisons plus pour de grandes idées ou des projets d’avenirs commun, mais plutot pour ce qui nous touche directement, ce qui est sous nos yeux, ce qui se passe près de chez vous.

 

Dans notre monde « connected », ceci peut apparaître comme une incroyable reduction de l’ouverture d’esprit.

 

Alors peut être que cette sensation est construite en trompe l’œil. Peut etre que de tout temps nous n’avons jamais su nous mobiliser reellement pour autre chose que notre monde immédiat, et qu’en fait le retrecissement du monde nous fait apparaître plus etroit ce qui n’est en fait qu’un trait naturel du genre humain.

 

Une chose est sure en tout cas : l’affect et la proximité sont des mots pleins d’avenirs en politique. Pour obtenir de la mobilisation, il faut faire eprouver de l’empathie, de l’emotion, transmettre ce qui est humain chez l’autre et qui fait que nous ne luis faisons pas ce que l’on aimerai pas que l’on nous fasse.

 

Et alors seulement les choses changeront peut être…

14:05 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0)

15/07/2006

RESF: Justice Sans Frontière

Au moment où j’écris ces mots, Chirac fait son allocution du 14 juillet. Comme d’habitude, la langue de bois règne en maître, y compris sur un problème que j’ai à coeur: les enfants sans papiers.

 

Soyons clairs, pour moi, ce problème n’est pas lié à l’immigration en soi. De l’immigration, il y a toujours eu, et il y en aura encore quelque soit les législations en place.

 

Le vrai problème, c’est le dysfonctionnement majeur de nos institutions. Pendant des années, cette frange de la population a été ignoré, exploité, humilié par une administration schizophrène qui tantôt leurs accordant des droits fondamentaux, tantôt les dénies.

 

Je n’ai pas la clef de la solution pour ce problème, mais je sais au moins une chose. Quand quelqu’un travaille, ont des enfants qui vont à l’école, vivent dans un pays pendant parfois une dizaine d’année, on ne peut pas leur demander de partir du jour au lendemain.

 

C’est inique, injuste et inhumain.

 

La seule chose qui serait juste, ça serait aux institutions Française et à ses représentants – de gauche comme de droite – de reconnaître leurs erreurs et d’être juste avec ceux qui aujourd’hui ont à payer le prix de ces incompétences.

 

 

Alors, aujourd’hui, je parraine deux jeunes – une roumaine et une zaïroise – et je milite au sein de RESF en espérant que la raison reviendra aux démagogues qui nous gouvernent.

 

C’est ce qui fait de moi un citoyen fier d’être Français.

13:45 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0)

14/07/2006

Wasted...

11 ans de présidence perdue…

 

 It is plain that Jacques Chirac has wasted his 11 years as president.

 

 

AS JACQUES CHIRAC opens the Elysée Palace on July 14th, for his annual garden party, it is surely clear that this Bastille Day will be his last as president. Although the 73-year-old veteran has said he will decide whether to run again for next spring's presidential election only early in 2007, it now looks all but impossible. His government is paralysed, his prime minister, Dominique de Villepin, is unloved, and the French have had enough.

 

 [ The Economist ]

16:25 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0)

13/07/2006

Les émeutes ou le syndrome top-bottom

Les émeutes de Novembre dernier ne sont pas passées inaperçu au niveau international. Peut être est ce due à une certaine forme d’arrogance Française perçu à l’étranger. Toujours est-il que les réactions et les commentaires ont été particulièrement sévères.

 

 

Et comme souvent, il faut savoir regarder ailleurs pour trouver de nouvelles perspectives intéressantes.

 

Le rapprochement que Michael Lissack opère entre les problèmes des communautés Gypsie en Hongrie et maghrébine en France est particulièrement intéressant.

 

Lissack met le doigt sur le déni permanent de ces problèmes par la masse dirigeante. Au lieu de résorber le racisme et le manque d’intégration économiques, cette attitude les a au contraire amplifié au delà du seuil du supportable.

 

Ce déni est d’autant plus grave que les signaux précurseurs sont particulièrement évident :

 

  • Repli territorial des populations immigrées et/ou en exclusion sociale entre elles.
  • Fort taux de chômage endémique.
  • Système de protection sociale corrosif et inadapté.
  • Manque d’intégration sociale…

 

Une idée de solution qu’avance Lissack m’a particulièrement intrigué. D’après lui, les approches du haut vers le bas (top-bottom), c'est-à-dire une politique centralisé, ne peut pas résoudre ce problème.

 

A l’opposé, Lissack propose de réunir et de mettre en valeur les personnes qui ont « réussies », et ce afin a la foi de changer la perception de la communauté en général, mais aussi afin d’agir à un niveau local en fournissant des modèles disponibles et proches des communautés concernées.

 

Tout ce que fait Lissack, c’est pointer le fait que le cœur du problème réside dans la notion de représentativité d’une communauté. Ce qui rassemble la communauté, c’est l’adversité commune que tous ont à subir.  Et c’est de la même façon, en rassemblant ceux et celle qui ont réussi en dépit des difficultés que l’on peut recréer le lien entre la communauté et ces membres isolés, et enfin aider à lui trouver une place dans la société.

 

La représentation et l’identité sont deux notions qui me semblent intriquements liés. Dans les moments de crise identitaire, la représentation sert de fil conducteur a une reconstruction réussi. Si on ne permet pas à la représentation d’exister socialement, toutes les dérives sont permises.

 

Permettre à la représentation d’exister, c’est créer les facteurs nécessaires à l’union sociale, seul réel moteur des solidarités.

 

En France, me semble-t-il, on a toujours essayé de faire l’inverse. L’intégration à tout prix en dépit de l’union qui, seule, pourrait permettre la vraie intégration.

 

L’union, ou le désir d’union, existe pourtant belle et bien. Il n’y avait qu’à voir l’enthousiasme, certes quelque peu factice, mais indéniable, qui a pris le pays pendant la coupe du monde.

 

Les jeunes banlieusards ont au fond tout autant envie d’appartenir à la nation que tout un chacun, et les émeutes ne sont qu’une autre forme de l’expression de ce désir.

 

Ce désir, à ma connaissance, aucun politicien ou parti politique n’a su ou ne sait comment le capitaliser. Seule la démagogie des extrêmes, qui uni non pas ensemble, mais contre l’autre (le riche, le bourgeois, le blanc, l’étranger, l’infidèle, l’élite, j’en passe et des meilleurs), semble réussir à faire passer son message de haine.

 

Comment unir ce que a été tellement brisé ?

19:05 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0)

11/07/2006

La Grande Arnaque.

Ces derniers temps, je fais pas mal de politique. Enfin, faire est un bien grand mot. Disons plutôt que j’aiguise mon attention dans une ambiance de plus en plus délétère. Après tout, c’est un peu l’époque des coups de sang, que la violence soit verbale ou physique.

Fait pas bon s’énerver en ce moment.

 

 

Bref. Je me disperse. Revenons au sujet.

En lisant la nouvelle critique sociale, je suis tombé sur une idée qui m’a interloqué : Historiquement, une génération qui démarre mal dans la vie finie en règle générale mal aussi.

 

C’est une phrase lourde de sens, en particulier dans l’ambiance actuelle. Mais qu’est ce qu’elle signifie concrètement ?

 

Concrètement, elle signifie qu’une fois que vous vous êtes inséré socialement à un certain niveau ou dans une certaine classe, le jeu est quasiment fini. Un chômeur longue durée aura du mal à trouver un poste en CDI, un ouvrier ou un salarié ne deviendra pas cadre moyen, un cadre moyen a peu de chances de devenir dirigeant.

Une autre façon de formuler cette idée est que si vous n’avez pas tout dès le départ, vous n’avez qu’une chance infime de l’avoir sur le long terme.

Alors je me suis mis en quête d’un exemple réel de ce phénomène, exemple que j’ai trouvé dans un article du New York Times :

 

« He found that the performance of the stock market in the two years the students were in business school played a major role in whether they took an investment banking job upon graduating and, because such jobs pay extremely well, upon the average salary of the class. That is no surprise. The startling thing about the data was his finding that the relative income differences among classes remained, even as much as 20 years later.
 
 
The Stanford class of 1988, for example, entered the job market just after the market crash of 1987. Banks were not hiring, and so average wages for that class were lower than for the class of 1987 or for later classes that came out after the market recovered. Even a decade or more later, the class of 1988 was still earning significantly less. They missed the plum jobs right out of the gate and never recovered.
 
 
And as economists have looked at the economy of the last two decades, they have found that Dr. Oyer's findings hold for more than just high-end M.B.A. students on Wall Street. They are also true for college students. A recent study, by the economists Philip Oreopoulos, Till Von Wachter and Andrew Heisz, "The Short- and Long-Term Career Effects of Graduating in a Recession" (National Bureau of Economic Research Working Paper 12159, April 2006. http://www.columbia.edu/~vw2112/papers/nber_draft_1.pdf), finds that the setback in earnings for college students who graduate in a recession stays with them for the next 10 years.
 
 
These data confirm that people essentially cannot close the wage gap by working their way up the company hierarchy. While they may work their way up, the people who started above them do, too. They don't catch up. The recession graduates who actually do catch up tend to be the ones who forget about rising up the ladder and, instead, jump ship to other employers. »
 
 

Pour simplifier le propos de ce texte, prenons deux générations – A et B - de diplômé démarrant avec le même bagage dans la vie active. L’une d’elle (A), démarrant en période de crise, les jeunes diplômés sont contraints de choisir des postes moins bien payés et avec des responsabilités diminués.

A l’opposé, la seconde génération (B) démarre en plein boom économique, ce qui leur permet de choisir de meilleur poste et donc d’avoir de meilleur revenue.

Conclusion : même après 10 ans, la génération A n’a pas rattrapé la génération B, même si ils sont soumis aux même aléas économiques.

C’est une idée capitale. A compétence équivalente, votre performance sociale peut être complètement différente en fonction de l’air du temps.

Elle est importante en cette ère de déclassement et de dévalorisation généralisé pour toute une classe de la jeunesse Française. C’est une touche d’espoir car elle signifie que l’on n’est pas totalement maître de son destin et que, somme toute, la dévalorisation que certains jeunes subissent est totalement injustifiée.

Mais c’est également une mauvaise nouvelle, car elle condamne une génération a ne jamais obtenir la reconnaissance qu’ils ont eux et leurs parents espéré.

Non seulement l’ascenseur social ne fonctionne que d’une génération a une autre, mais pire, aujourd’hui, cet ascenseur est en panne ou en chute libre, et il y a peu de choses à même de l’arrêter.

Pour notre société, c’est un fait très grave. La progression sociale fait partie des mythes fondateurs de la société Française moderne. Nous vivons dans la société du 80% de réussite au Bac, dans la société qui croyait en un avenir meilleur pour ses enfants, une société qui – a tort ou à raison – a fait de l’intégration républicaine un pilier de son identité.

Mais aujourd’hui, la France, c’est un univers d’étudiant sans réelles perspectives d’avenir,  un monde d’emploi jeune à bac + 4 et de personnes anxieuses de ne pas pouvoir entrer dans la fonction publique, un pays enfin ou, pour une grande majorité, l’horizon salariale mensuel ne dépasse pas 1400 Euros par mois.

La réalité jure avec le mythe, il se crée une forme de dissonance cognitive entre les espoirs et le vécu, et sur ces champs de confusion poussent toute les formes de discriminations, d’injustices et de désespoirs.

Alors, pouvons nous faire mentir l’histoire ?



12:50 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (2)