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02/07/2009

Project Bootstrapping

Tous les projets ont pour origines au mieux une vision, au pire une intention, dans la tête d’une personne seulement (ou une poignée, plus rarement), mais peu de projets peuvent s’épanouir de par eux même. Faire grandir un projet requiert de réunir un certain nombre de personnes, chacune avec des compétences spécifiques et probablement une façon de voir les choses différente.

 

 

Jusque là, rien de très surprenant.

 

 

Quelque soit le contexte, grande ou petite entreprise, projet d’envergure ou à court terme, il y a toujours un premier document, une première passe, une première maquette, dont le propos est de « bootstrapper » le projet.

 

 

Ce n’est pas tant que le contenu ou la forme de cette initialisation soit vraiment importante – peu de projets peuvent se targuer d’avoir été « spot on » dès le départ. Un projet va vivre, évoluer, grandir ou se modifier, et il est parfaitement possible que le résultat final se retrouve à des lieux de l’intention initiale.

 

 

Non, ce qui fait que cette passe est si importante, c’est qu’elle conditionne de façon assez déterminante la survie d’un projet. D’abord parce qu’il est facile d’arrêter un projet à cette phase là (très peu d’investissements, très peu de conséquences). Ensuite la capacité à convaincre, à rassembler ou à mobilier une équipe autour de se projet dépend grandement de la qualité ce cette phase.

 

 

Une personne en charge de bootstrapper un projet (que cela soit par sa propre initiative ou par assignement) a donc une lourde responsabilité. Il lui faut réunir le strict minimum de personne suffisant pour permettre au projet de démarrer, avec un objectif clair : se concentrer sur ce qui permettra au projet de survivre pour passer à l’étape suivante.

 

 

On voit souvent deux erreurs assez caractéristiques pouvant nuire à cette phase. Parfois la personne s’isole et décide de bootstrapper le projet par elle-même, ce qui a plusieurs conséquences fâcheuses (étalement inconsidéré de cette phase dans le temps, qualité dégradé des documents produits, mauvais choix effectué sans manque de recul, difficulté à « vendre » le projet par la suite).

 

 

L’autre erreur commune est – à l’inverse - de réunir trop de personnes avant même que le bootstrap ait été effectué, ce qui entraine une certaine dispersion de l’énergie, un manque de vision commune sur le projet, un trop grand nombre de malentendu, et une qualité globale également réduite.

 

 

Bref, bootstrapper un projet n’est pas une tache aisée, que cela soit dans le cadre d’une entreprise ou dans le cadre d’un projet individuel indépendant.

 

 

Il n’y a évidemment pas de recette magique, mais j’ai remarqué des choses qui ne marchent pas trop mal pour moi. Par exemple, pour moi, la taille idéal pour bootstrapper un projet, c’est 3 personnes. En dessous, il n’y a pas assez d’inputs (et de bras aussi), et au-delà  se forme déjà des mécaniques de divisions ou de dilution de la vision ou de l’objectif.

 

 

A trois, il est possible de partager assez simplement une même vision, tout en ayant assez d’inputs créatifs et assez de retour constructifs pour faire un bon bootstrap. Enfin, trouver trois personnes avec le bon baggage de compétence et la bonne attitude ne me semble pas si compliqué que cela. Evidemment, il faut les 3 bonnes personnes pour que l’alchimie puisse prendre.

 

 

Ce n’est déjà pas forcément simple dans le cadre d’une entreprise (où vous ne choisissez pas forcement avec qui vous allez travailler), mais en discutant avec quelques amis, j’ai découvert de façon surprenante que c’est encore plus compliqué en tant qu’indy, car si le champs des motivations est déjà vaste dans le microcosme professionnel, il est quasiment infini dans le monde amateur.

 

 

Bref, si encore une fois le démarrage d’un projet de présage en rien de sa forme finale, elle est déterminante quand à ses chances de succès, et cela indépendamment de son contexte.